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Aucune donnée statistique officielle n’existe, mais chaque année, les médias se font l’écho de décès de SDF ou de personnes isolées retrouvées sans vie à leur domicile ou mourant seuls à l’hôpital. Seulement que se passe-t-il après ? Comment se déroule les obsèques de ces personnes qui meurent sans que l’on connaisse leur identité ou l’existence de proches ?

Le Code Territorial pose l’obligation pour chaque commune d’offrir une inhumation décente pour une durée de 5 ans à tout mort isolé ou sans ressource sur le territoire de sa commune. C’est l’hôpital qui s’occupe de contacter la commune afin qu’elle organise les funérailles, après que le service d’état civil ou le service mortuaire (il n’y a aucune institution spécifique qui s’en occupe) ait fait des recherches afin de retrouver de la famille ou des proches.

S’agissant des personnes retrouvées mortes dans la rue, le commissariat s’occupe des recherches avant de transmettre cela à l’institut médico-légal si ses recherches n’ont pas abouti. L’institut passe alors par le service du lieu de naissance ou par le consulat s’il s’agit d’une personne étrangère. En moyenne le délai d’inhumation varie entre dix jours et trois mois lorsque la mort n’est pas naturelle et/ou qu’il faut passer par un consulat.

Afin d’assurer cette obligation, Bondy, comme une majorité de villes de la petite couronne a adhéré au Syndicat Intercommunal Funéraire de la Région Parisienne (SIFUREP) qui se charge des inhumations des personnes isolées à travers la passation de marchés publics comme le précise le chef du service d’état civil de la mairie de Bondy où en moyenne deux à trois décès de personnes isolées ont lieu chaque mois. Chaque inhumation coûte 1600 euros à la ville.

Cependant, si la collectivité est chargée de s’occuper de l’aspect financier, rien n’est prévu concernant l’aspect humain à travers la présence de bénévoles aux enterrements de ces personnes isolées. En effet, ni la ville de Bondy, ni le SIFUREP n’ont connaissance, en banlieue parisienne, d’associations se chargeant d’assister aux enterrements de ces personnes ou d’entourer les proches qui ont pu être retrouvées.

Et pourtant, à Paris, de telles actions existent. Cécile Rocca, qui nous a fourni ces informations sur le cadre légal dans lequel l’enterrement des morts isolés ou sans ressource doit se dérouler est coordinatrice au sein du collectif les Morts de la Rue. Ce collectif, dont l’objectif principal est de « faire savoir que vivre à la rue mène à mourir prématurément » mène différentes actions dans ce but.

Au-delà de son action principale consistant à rechercher les causes de la mort dans la rue, ce collectif accompagne les proches endeuillés, mais veille également au respect de la dignité des funérailles des morts isolés. Ayant conclu une convention avec la ville de Paris, le collectif est contacté lorsqu’une personne isolée décède. Les enterrements sont organisés deux fois par semaine, deux bénévoles, qui prennent connaissance des informations qui ont pu être recueillies sur le défunt, s’engagent à assister à l’enterrement de ces personnes parce que pour Cécile Rocca, et le collectif c’est aussi cela, un enterrement digne.

Mais c’est aussi respecter les convictions religieuses du défunt si elles sont connues. Dans la plupart des cas, deux bénévoles sont présents et un texte est lu, choisi parmi des textes d’auteurs connus ou non dont dispose le collectif. Le travail fait par ce collectif est significatif et l’on peut déplorer que, s’il existe des associations similaires en province, il n’y en ait pas en banlieue parisienne. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’argent mais également de dignité humaine.

Latifa Oulkhouir

 

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