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Zaara (prénom modifié) a 13 ans. Elle est en 5e comme beaucoup d’autres filles de son âge. Elle aime jouer avec ses amies, écouter la musique et regarder la télé. Un homme à décider de détruire cette innocence en tentant de l’agresser sexuellement.

Quand c’est arrivé, Zaara jouait à cache-cache avec ses amies près des garages derrière chez elle. Durant la partie, elle avait remarqué un homme qui les observait et les suivait, ses camarades et elle. Après quelques tours, Zaara décide de se cacher dans un des garages les plus en retrait, c’est là qu’elle se fait interpeller par l’homme. Il l’attrape, commence à lui dire « ne t’inquiète pas, je ne vais pas te faire de mal », « n’aie pas peur » tout en lui caressant le ventre, les mains.  A ce moment-là,  par chance, un couple passe et Zaara a pu demander de l’aide. Elle est alors rentrée en pleurs. Son grand frère lycéen, porté par une juste colère,  a retrouvé l’homme à quelques rues du quartier. La police est arrivée sur place avant que le massacre puisse vraiment commencer et une plainte a été déposée.

Le pire a été évité et le malfaiteur a été interpellé. Une fin heureuse en apparence. Pas tant que ça. Depuis cet événement, le mode de vie de Zaara a changé. Tout d’abord elle a beaucoup de mal à dormir. Le choc reste là et le souvenir du moment où elle a été touchée revient à chaque fois qu’elle ferme les yeux. Et lorsqu’elle réussit à trouver enfin le sommeil, elle se réveille une heure plus tard,  le souvenir la hante même dans ses rêves.

Depuis elle a peur de sortir, peur de revivre ce qu’elle a vécu, mais elle a peur aussi pour ses amies et tous ses proches. Lorsqu’elle sort pour aller au collège, elle reste toujours à l’affût de tous les mouvements de ceux qui l’entourent et de chaque bruit.

Lorsqu’elle voit un homme qui ressemble  à son agresseur, elle commence à avoir peur, Parfois, des larmes montent, elle change de trottoir aussi rapidement que possible, accélère sa marche et se focalise sur autre chose. Même lorsqu’elle est chez elle, Zaara ne se sent pas en sécurité, elle craint chaque fois que l’on frappe à la porte comme si l’on venait pour elle. Elle n’arrive plus à s’amuser, elle est encore marquée par le choc et a perdu gout à l’amusement. Elle a envie de s’évader mais elle n’y arrive pas, tout comme elle a envie d’oublier mais le souvenir revient encore et encore. L’agresseur vivait dans la même rue qu’elle.

Zaara dit que le souvenir restera ancrer dans sa mémoire, il est trop choquant, surtout pour quelqu’un de son âge. Elle réalise la chance qu’elle a eue lorsque le couple passait là par hasard pour la sauver. Elle arrive à se sentir mieux lorsqu’elle s’éloigne de Bondy mais reste consciente que cela peut arriver n’ importe où et à n’importe qui. Elle aimerait finir sur une note de courage, aller au procès pour que son agresseur soit puni. Puis  essayer enfin de tourner la page…

Monès HAQ

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