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Quand il reçoit la lettre, en octobre 2007, lui notifiant le refus du titre de séjour qu’il demandait et l’obligation de quitter le territoire français dans le mois qui suit, l’homme croit d’abord à une blague. Une mauvaise blague. Marié à une Française et père d’un jeune homme, français, de 23 ans, Maitre Abdoulaye Coulibaly a passé sa carrière à plaider la cause des étrangers en France mais aussi au Mali.

Inscrit au barreau d’Aix-en-Provence depuis 28 ans, sa carte professionnelle et son passeport malien avaient jusqu’alors suffit. « Lorsque je suis arrivé en France en 1962, le titre de séjour n’existait pas. Et quand est sortie la première loi sur les étrangers en 1974, on m’a dit que je n’étais pas concerné. Que la loi n’était pas rétroactive ! », explique le vieil homme, le regard à la fois triste et furieux. Ainsi poursuit-il sa vie privée et professionnelle sans difficultés. 

En janvier dernier il se rend au Mali pour un décès. La préfecture lui remet alors un récépissé dans l’attente d’une carte de séjour de 10 ans, qui lui a permis de faire l’aller-retour sans incident. Mais quelques mois plus tard, les questions fusent. On lui réclame des documents, des factures, des « preuves » de sa présence sur le sol français ces dix dernières années. Abdoulaye Coulibaly s’exécute. Mais en dépit des attestations de ses anciens bâtonniers et des quittances de loyer de son cabinet, son dossier est considéré comme irrecevable. 

Lundi dernier à 14h, il s’est donc présenté au tribunal administratif, sous l’œil des nombreux médias présents. Dans la salle bondée, une quarantaine d’avocats en robe était venue lui accorder son soutien. Le bâtonnier d’Aix, Jean-François Leca ainsi que le syndicat des avocats de France ayant aussi appuyé la plaidoirie de son avocate Me Claudie Hubert. Celle-ci réclamait une annulation de l’arrêté d’expulsion ainsi qu’un titre de séjour pour son client.

Ce n’est que lundi soir que le préfet de région Michel Sappin lui accordait une autorisation provisoire de séjour de 6 mois, « afin de permettre à M.Coulibaly de compléter son dossier et à la préfecture de procéder à un réexamen de sa situation ». Une affaire à suivre.

Jennifer Luby (MarseilleBondyBlog)

Jennifer Luby –

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