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Mamadou Maréga : c’est le nom de cet homme de 38 ans décédé mardi 30 novembre dans le hall de son immeuble, à Colombes (92), après avoir reçu deux décharges de Taser lors de son interpellation par des policiers. Malien, il était sans papiers. Il est décédé d’« une asphyxie aiguë et massive par inhalation de gaz », selon une première autopsie provisoire. Le médecin légiste a également constaté « un cœur dur et contracté, peut-être en lien avec l’utilisation du Taser ». Hier, un rassemblement à la mémoire du défunt s’est tenu en bas de l’immeuble où il a trouvé la mort. Des voisins présents lors de l’incident remettent en cause certains éléments de l’enquête. D’autres voient dans cette affaire une dimension raciste. Présent en France depuis 1999, Mamadou Maréga était sans papiers.

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Un policier :  « Le Taser est souvent l’ultime recours face au danger »

« Le Taser est avant tout une arme dissuasive et non létale, utilisée en cas de légitime défense, au même titre que le pistolet. Elle n’est pas faite pour tuer », plaide Philippe*, un policier de terrain. Cet agent des forces de l’ordre âgé d’une quarantaine d’années, raconte que dans le métier, les policiers « sont souvent confrontés à des situations vraiment difficiles et sont bien contents d’avoir un Taser. Car tous les commissariats n’en sont pas dotés. Les BAC, les compagnies d’intervention, par nature exposées, en sont dotées plus facilement même si cela ne concerne pas toujours l’effectif complet. »

Pour Philippe, le Taser est une arme qui « laisse une chance aux individus. Nombre de policiers risquent leur vie dans des émeutes ou face à des malades armés, et malgré cela, ils hésitent souvent à utiliser leur arme de service car les flingues, ça ne laisse aucune chance à la personne. Un flingue c’est fait pour tuer, ce n’est pas le cas du Taser. » La mission du flic, selon Philippe : « Assurer la sécurité des citoyens sans devenir kamikaze. Souvent pères de famille et époux, les flics qui sortent les balles ne s’en sortent jamais indemnes dans la tête. »

Philippe admet toutefois que l’emploi du Taser comporte un risque, mais selon lui, ce risque est faible comparé aux dégâts causés par les balles. « Certaines personnes peuvent avoir des anomalies cardiaques, des pacemaker, mais en cas de légitime défense, on ne demande pas aux individus leur carnet de santé. Si les policiers viennent à s’en servir c’est que c’est vraiment chaud et qu’ils sont en train de risquer leur vie. »

Philippe déplore toutes les pétitions visant à interdire le Taser. L’année dernière, le Conseil d’Etat en a interdit l’usage aux policiers municipaux. Philippe dit s’être un jour retrouvé face à un « déséquilibré » qui le menaçait d’un fusil. Plus d’une heure de négociations, la peur au ventre, avec pour seule arme, son mental. « Je ne devais pas laisser paraître ma peur, je devais essayer de sauver des vies, tout en me demandant si et quand le coup allait partir. Si j’avais eu un Taser, j’aurais pu le maîtriser plus facilement avec plus de sécurité. » Il ajoute que la l’interdiction globale du Taser obligerait les policiers à utiliser leur arme de service. « Mais ça, les gens n’y songent pas. »

Le Taser ressemble aujourd’hui à un pistolet, ce qui le rend peut-être un peu plus impressionnant. « Les policiers hésitent un peu moins à s’en servir et les délinquants le savent, précise Philippe. Par conséquent, beaucoup se tiennent à carreau. Le Taser est souvent l’ultime recours face au danger. »

Aude Duval

*Prénom modifié

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