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Domicilié à Villiers-le-Bel depuis plus de 30 ans, maître Jacky Attias assure la défense de plusieurs jeunes gens mis en examen dans le cadre des émeutes de novembre 2007. Son cabinet est situé dans la commune. « J’aime cette ville, j’y ai fait toute ma scolarité. Je ne me vois pas la quitter », dit-il. Il apporte ici des informations sur la procédure en cours visant ses clients et critique durement la façon dont la justice mène l’enquête. INTERVIEW

De combien de jeunes gens assurez-vous la défense ?

Ils sont quatre.

Dans quelles communes résident-ils ?

Ils résident tous à Villiers-le-Bel.

Quel âge ont-ils ?

Ils ont entre 23 ans et 25 ans.

Quelles étaient leur situation sociale avant leurs interpellations ?

Ils étaient intégrés socialement, occupaient un emploi stable, ne faisaient plus parler d’eux depuis plusieurs années.

Quels sont les charges qui pèsent sur eux ?

Ils sont accusés d’avoir, lors des émeutes de novembre 2007, brûlé l’école, frappé le commissaire de Sarcelles et tiré sur les forces de l’ordre.

Quelles sont les preuves contre eux ?

Au stade actuel de l’enquête, ce sont uniquement des témoignages anonymes et nominatifs, il n’y a pour le moment aucune preuve matérielle.

Vos clients sont-ils sous écrous actuellement ?

Ils sont tous mis en examen. Deux sont sous contrôle judiciaire et les deux autres sont incarcérés.

Quelle est votre ligne de défense ?

Comme le prévoit le code pénal, j’ai exigé une confrontation directe entre mes clients et les personnes accusatrices. J’ai l’intime conviction que ces jeunes sont victimes de leur passé judiciaire. Ils ont été la cible de vengeances personnelles. De plus, je pense que certains témoins ont été attirés par l’appât du gain, puisque comme vous le savez, ils ont été rémunérés, ont accusé, à tort j’en ai la conviction, les ex-voyous du coin. Alors je pose la question, quelle crédibilité peut-on donner à ces témoignages ? Je prouverai l’innocence de mes clients. On ne peut dans un Etat de droit, mettre en prison des gens uniquement en se fondant sur des témoignages, il est nécessaire d’avoir des preuves matérielles. Or, en l’espèce, au stade de l’enquête il n’y en a pas. Je suis donc confiant.

Quelle est votre sentiment sur la situation à Villiers-le-Bel ?

Je tiens à dire que je condamne formellement les actes de violence et de vandalisme, je souhaite que les véritables coupables soient arrêtés au plus vite. Pour cela, il est nécessaire que la justice fasse son travail sereinement, sans une médiatisation à outrance. Ces arrestations abusives engendrent de la frustration et de l’abattement. Prenons le cas d’Adama K*., dont je ne suis pas chargé de la défense, actuellement incarcéré pour des faits prétendument commis lors des événements de novembre 2007. C’est un homme qui a fait énormément d’efforts de réinsertion depuis des années, il a fondé une famille et il travaillait honnêtement. Aujourd’hui, il voit tous ses efforts anéantis à cause de témoignages anonymes exclusivement.

Propos recueillis par Chaker Nouri

*Nous avons appris mercredi que le tribunal de Pontoise avait débouté l’avocate d’Adama, qui réclamait pour son client une mise sous contrôle judiciaire. L’homme reste donc incarcéré. Son avocate va faire appel auprès de la Cour d’appel de Versailles, qui statuera sur ce cas dans 20 jours.

Chaker Nouri –

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