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Hier soir au Stade de France, environ 700 personnes sont venues rendre hommage aux victimes des attentats de vendredi dernier. Le tout en présence de la maire de Paris, Anne Hidalgo, de Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale et du maire de Saint-Denis, Didier Paillard.

Un hommage aux victimes des attentats du vendredi 13 novembre 2015 a eu lieu ce jeudi 19 novembre aux abords du Stade de France, à Saint-Denis (93). Une commémoration brève et solennelle, rythmée par les mots du discours plein d’émotion de Didier Paillard, le maire de la ville.

Il est 18h00, la foule arrive en un éclair. Une fouille, une palpation sont imposées à l’entrée de la rue Jules Rimet. La gauche, elle, arrive bras dessus bras dessous, soudée, unie comme jamais ! La maire de Paris, Anne Hidalgo, le président de Plaine Commune Patrick Braouezec, Didier Paillard ainsi que d’autres élus font face à la foule pour témoigner de leur tristesse, de leur chagrin mais aussi leur détermination à combattre le terrorisme. La meilleure arme pour cela étant de « rester unis ». La voix ébranlée par l’horreur des événements de ces derniers jours dans la ville royale, le maire de Saint-Denis a rappelé les mots : « Liberté, j’écris ton nom ». Ces mots sont ceux d’un poète dyonisien célèbre qui a résisté contre le nazisme. Un demi-siècle après, on lutte contre le fanatisme… Alors résistons comme Paul Éluard pour la Liberté, celle de vivre, de penser, d’aimer.

Ce soir l’ambiance est calme, le recueillement se fait paisiblement. Les élus déposent une gerbe tour à tour à la grille du Stade, après le discours, en descendant de l’estrade. Anne Hidalgo n’a pour sa part pas dit un mot. Elle est restée muette, sans voix, comme le souffle coupé.

Comme de nombreux visages, le ciel était triste. Il n’a d’ailleurs cessé de pleurer tout au long de la cérémonie. Au milieu de ce comité restreint mais tenant place jusqu’à la fin comme pour marquer son territoire, j’interroge une femme, habitante de Gagny mais qui a fait le déplacement. Elle me dit d’un ton ferme : « il faut se réapproprier la Seine Saint Denis,  ce serait un faux pas que de voir que ce département  assimilé à ces horreurs !».

La peur, en revanche, n’était pas au rendez-vous. Absente, cachée, elle se faisait timide. D’ailleurs un jeune qui travaille pour la ville me confie : « la peur c’est pas physique, elle n’existe pas réellement, elle naît d’une frayeur et se loge dans la tête. Je trouve que c’était un bon moyen pour les dionysiens de pouvoir se retrouver et montrer notre détermination contre le terrorisme qui a touché notre ville. Les gens se sont sentis concernés par ces événements, il a touché tout le monde, de près ou de loin. On a pu voir des enfants venus avec leur parents, les différentes communautés de la ville étaient représentées. Ça fait chaud au cœur de voir cette mixité et cette solidarité qui montre le vrai visage de notre ville. Du terrorisme, l’armée à Saint Denis, c’est choquant… Mais ça ne nous fait pas peur ! ».

Samir Benguennouna

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