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Comment vous est venue la passion du dessin ?

C’était à peu près vers l’âge de 10 ou 15 ans, j’étais un grand adepte du Club Dorothée.  J’ai été subjugué par le style, l’humour du dessinateur Cabu, auteur de l’album Le nez de Dorothée. Cela  m’a donné envie de me lancer.

Le dessin est pour vous un passe-temps ou un exutoire ?

C’était d’abord un passe-temps car, à l’époque, j’avais décidé de reprendre mes études pendant que j’étais en prison. Avant d’entrer entre ces quatre murs, l’école n’était pas ma priorité. J’ai passé mon Bac Littéraire ainsi que mon BTS Communication des entreprises pendant que je purgeais ma peine. J’avais des facilités, je finissais souvent les exercices avant les autres. Après avoir fini un exercice de maths,  je m’amusais à dessiner pour passer le temps. Le dessin  fut ensuite un exutoire comme le témoigne L’évasion, qui n’est pas une œuvre autobiographique mais un témoignage de la vie en prison.

Comment vous est venue l’idée de faire une  BD ?

Je dessinais mes planches tranquillement dans ma cellule, quand un surveillant est arrivé et a aperçu une de mes planches. Il se définissait comme un passionné de bande dessinée. Il s’est empressé de me dire avec détermination que j’avais un don et qu’il fallait que j’en fasse à tout prix quelque chose. Il m’a demandé que je lui fasse son portrait, ainsi que celui de sa femme et aussi celui de son chien qu’il a drôlement appréciés. Suite au bouche-à-oreille, une série de commande de dessin s’en est suivie. L’engouement m’a fait prendre conscience de ce que j’avais entre les mains, ça m’a donné envie de faire quelque chose de plus grand, une BD.

La caricature est-elle votre signature ou un outil spécifique à votre œuvre?

Je pense que ça aide davantage pour pouvoir apporter une plus grande fibre humoristique tout comme les artistes qu’on ne présente plus :  El Diablo, Éric Salch, Julien Loïs .

Dessinez-vous par rapport à une histoire pré-écrite?

J’ai une idée de texte pendant que je dessine, les deux sont combinés car l’un ne va pas sans l’autre. On peut dire que c’est une recette bien rodée !

Y a-t-il un message à retenir de votre œuvre ?

La prison n’est pas une fatalité en soi, malgré l’image négative qu’elle génère.

Ce n’est pas une entrave aux objectifs que l’on se fixe, car ce n’est pas  moi qui vais vous l’apprendre, quand on veut, on peut ! Il faut juste croire en la force de la volonté.

Quels sont vos projets futurs ?

Mon projet à venir arrivera début 2013, ce sera la suite de L’évasion. Je voulais mettre la lumière sur le retour à la réalité, la réinsertion dans la société  après la case prison, à travers mes personnages.

Avez-vous une citation ou un mantra ?

André Malreaux disait : « Je sais mal ce qu’est la liberté, mais je sais bien ce qu’est la libération ».

Propos recueillis par Lansala Delcielo

Photos : Jordan Ngouamba

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