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Le cinéma urbain, c’est quoi ? « Je dirais que c’est ce qui émerge de la culture urbaine et au-delà de tout ça, c’est la diversité culturelle. » C’est un état d’esprit et Aïcha Belaïdi, 40 ans, pleine de vie, l’incarne très bien. Elle est la directrice générale de Talents urbains, qui organise le festival des Pépites du cinéma (17-19 octobre), au cinéma l’Etoile à La Courneuve et à l’Archipel dans le 10e à Paris*. Les spectateurs pourront voir notamment « Khamza », le dernier film de Karim Dridi, ainsi que « Le dernier maquis », de Rabah Ameur-Zaïmeche. Les autres auteurs viennent d’un peu partout de la France métissée, plutôt de banlieue.

« J’ai travaillé pendant 14 ans pour Danielle Mitterrand à France Liberté en tant qu’attachée de presse, raconte Aïcha Belaïdi. A ce moment-là, j’avais déjà en tête l’idée d’un festival de ce genre. Pendant 15 ans, j’ai vu beaucoup de films engagés, je me souviens d’Une saison blanche et sèche, un film qui m’avait énormément marquée. Après ça, j’ai été déléguée générale de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), mais j’ai vite remarqué que je ne m’éclatais pas comme je l’aurais voulu. »

Des films comme « Wesh wesh, qu’est ce qu’il se passe? », de Rabah Ameur-Zaïmeche, mais plus encore, les violences urbaines de 2005 ont été un « électrochoc » favorable à la création de son association. « J’avais été écoeurée par les manipulations des médias, je comprenais la révolte des jeunes à ce moment-là. A partir de là, j’ai réuni tout ce que je savais faire et Talents Urbains est née. » Cette association donne alors naissance au festival les Pépites du cinéma dont la première édition a eu lieu en 2006. Sa particularité ? Il n’y a pas de compétition et aucun thème n’est imposé.

« Les films présentés sont des films que j’ai vus sur le net ou des films que l’on m’a soumis. Il n’y a pas d’appel à film, tout fonctionne au bouche à oreille, et comme les réalisateurs que nous présentons sont ce que j’appellerais des collectifs de réalisateurs, le mot passe plus vite. Sur dix films que je reçois, j’en accepte huit, c’est énorme. »

Qu’a pensé Aïcha Belaïdi de la Palme d’Or ? « Je n’ai pas vu Entre les murs mais je pense que c’est un film super, dans le sens où si un film comme celui-ci a été primé à Cannes, c’est que les choses changent. Il y a deux films que j’ai énormément aimés et qui seront présentés pendant le festival : Dernier maquis à l’ouverture, et celui de Khamsa en clôture. Deux films durs mais extrêmement beaux, c’est du grand cinéma. »

Pour donner un équilibre au festival Aïcha a tenu à ce que l’humour (noir parfois, mais humour quand même) soit représenté, avec des courts métrages bourrés de dérision. « On sent une énergie incroyable chez nos pépites et aussi une vraie inspiration puisée chez De Palma ou Scorsese pour les Américains, chez Snatch de Guy Ritchie pour les Britanniques et dans le cinéma français des années 50. » Aïcha Belaïdi a envie d’implanter davantage son festival à La Courneuve, où elle se dépense beaucoup auprès des jeunes.

Ndembo Boueya

*Lieux et horaires:
Vendredi 17 oct. : cinéma L’Etoile à La Courneuve, à partir de 18h30.
Samedi 18 oct. : cinéma L’Archipel, Paris, 10e arrondissement, à partir de 18 heures.
Dimanche 19 oct. : cinéma L’Etoile à La Courneuve, à partir de 15h30.

Ndembo Boueya –

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