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Mieux qu’un film X, « Bel Ami »
23h02, une Lada, couleur vert caca d'oie, file dans la nuit bondynoise... « Accélère ! Il nous rattrape ! A droite ! Non ! Freine pas ! Tourne ! Putain il est encore derrière. C'est un vrai Hollywood chewing-gum ce type, il s'accroche comme la puanteur sur le fromage. Ah ! Ah ! C'est bon ! Il est tombé par terre comme une merde ! Filme avec ton portable pour Dailymotion ! Oh non, j'y crois pas, il se relève. Il lâche rien, ce bigorneau... »
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L’échelle de la crasse
Quand j'étais au lycée on avait un jeu, c'était l'Everest de la débilité. On traquait dans la cour de récré les mecs qui ne se lavaient pas régulièrement. Dés que nous trouvions une proie à pointer du doigt, une meute d'ados sans cerveaux, aiguisés depuis l’enfance à la vanne bien grasse et cuisante du ghetto de la cité, l’entourait pour l’afficher devant toutes les jolies filles jusqu'à ce qu'il pleure. Pour peu qu'il soit dans la même classe que nous, on le disait même à la maîtresse (oui, le Bondynois utilise le mot maîtresse jusqu'au lycée).
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« Tu dis encore un mot, je te bouffe la tête ! »
Les départs en voiture au bled, c'était le temps béni, ai-je lu récemment sur ma feuille de chou web préférée (mais en papier, rien ne remplacera dans mon cœur, l'hebdomadaire Okapi). Pour certains, c'était le temps des cerises, la balade champêtre en break bâché à travers le sud de l'Europe dans un climat de jour de fête : « Papa, tu me passes la boîte de thon à la catalane pour mon sandwich crudité olive, veux-tu bien ? – Mais bien sûr, ma fille chérie, ne demande pas, voyons, sers-toi dans le panier à victuailles. Attends, je me gare à l'aire de repos la plus proche pour ton confort. As-tu assez de place à l'arrière ? – Oui mon bon papa. Mes vacances commencent sur un nuage en chocolat grâce à toi et maman, les arcs-en-ciel de ma vie. C'est si bon d'être marocain, je vous aime tellement, vive notre bon roi ! »
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« Il faut que je te dise, je suis gay »
Je m'envoie un godet sur Paris, en compagnie d'un pote tunisien. Bien sûr, comme tout le monde sur cette terre, il adore raconter sa vie. Elle est aussi passionnante pour moi que de la neige fondue pour un Inuit. Des fois, j'en ai vraiment marre des gens, amis compris, leur vie= zizi. Les gens, ils croient trop que leur life, ça tient les autres en haleine comme 24 heures Chrono. Du flan !
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Mieux qu’un film X, « Bel Ami »
23h02, une Lada, couleur vert caca d'oie, file dans la nuit bondynoise... « Accélère ! Il nous rattrape ! A droite ! Non ! Freine pas ! Tourne ! Putain il est encore derrière. C'est un vrai Hollywood chewing-gum ce type, il s'accroche comme la puanteur sur le fromage. Ah ! Ah ! C'est bon ! Il est tombé par terre comme une merde ! Filme avec ton portable pour Dailymotion ! Oh non, j'y crois pas, il se relève. Il lâche rien, ce bigorneau... »
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Koh Lanta à Bondy Nord
Le prochain Koh Lanta, ils vont le tourner à Bondy Nord, mais chut ! C'est un secret. Là-bas il y a tout ce qu'il faut pour jouer aux survivants, c'est le Mordor. Les candidats auront droit à un kebab par jour mais ils devront le bouffer avec les autochtones, c'est-à-dire nous. Ils vont crever de faim, les pauvres, pire que dans les autres saisons, où au bout de deux jours ils commencent à se battre entre eux pour une poignée de riz. C'est que pour nous, le « grec » d'un autre, il a toujours eu meilleur goût. Côté épreuves aquatiques, l'eau verte fluo du canal de l'Ourcq fera très bien l'affaire, et tant pis si un bras leur pousse dans le dos à la fin du jeu. En final, on les met sur des poteaux à attendre devant l'arrêt du 346, un bus qui ne vient jamais. Ça pourrait franchement être une bonne idée, surtout qu'à Bondy, le cadre s'y prête bien, on a de la vie sauvage pour de vrai ! En 3D.
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Grand-père, mort pour le drapeau
Ce soir chez les Hocini, c'est soirée Julie Lescaut ! Papa, maman et leur Tanguir de 28 ans (moi) devant la télé un samedi à 20h00. Mais c'est trop génial, la vie ! Merci à tous mes amis partis en furet à une soirée dans le 95 sans m'avoir appelé, me laissant moisir à Bondy avec mes parents. Bande de rats, je vous souhaite la pire chose souhaitable pour un Bondynois : rater le dernier train... Les infos commencent : « Ah ! Bah ! Bah ! Bah ! » commente mon père devant les images du séisme en Italie. « Il est bête! Il est déjà rasé et il se rase », analyse ma mère devant une pub Gilette Mach 3. « Je suis otage d'une soirée galère avec mes vieux bouffeurs d'huile d'olive. Libérez-moi ! », je griffonne sur un papier, avant de le balancer en boule par la fenêtre, le cœur plein d'espoir.
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Arrivage du bled
Quand j’étais petit, je détestais aller à Paris. J’étais trop bien dans ma petite cité, à Bondy, à deux pas d’une savane qui deviendrait plus tard le parc de la Mare à la Veuve, où tous les enfants des immigrés, et les autres, s’amusaient comme des petits fous. Paris, c’était trop la pauvreté de la misère qui fait peur : façades d’immeubles noires, rues super sales et des bistrots kabyles à foison où tu ne pouvais boire qu’un diabolo-menthe.
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Boutef, saison 3 : bienvenue à Little Algérie
J’ai un sac à dos et ce dimanche soir, je ne dormirai pas à Bondy. La dernière fois que je me suis retrouvé dans cette situation, c’était au Canada, quand j’ai crapahuté en tant que reporter pour Müvmedia et Télé Québec. Là, c’est la même chose, sauf que c’est Barbès que je m’en vais découvrir, tabernacle ! Il fait chaud, je suis en tee-shirt et je viens voir ce qu’il se passe à Little Algérie. Un p’tit goût de bled dans tout ça. Les rues sentent le pays. Il y a un quartier à Alger, ils font des petites brochettes, il y a les mêmes odeurs ici, à l’heure du repas. J’ai arrêté de fumer depuis deux mois, et à chaque pas, un Algérien veut me vendre un paquet de Marlboro au black. Franchement, si c’est la même came qu’au bled… Une taffe locale, ça agit sur vos poumons comme un champ de tabac cubain.
