Derniers articles
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Au supermarché du shit !
Je croise un vieux pote dans la rue, je demande de ses nouvelles, parce que ça fait au moins dix ans que je l'ai pas vu. Enfin, je demande, c’est un bien grand mot, c’est juste par politesse, la vie des gens, je m'en fous d'une force... Myope au peu d'intérêt qui lui est porté – il n’a encore rien dit, je baille déjà –, ce grand fada me répond le plus sérieusement du monde : « J'ai repris les études, je vais faire un BEP Politique pour être député. Pour l'instant, je suis en stage chez le préfet. » Ça faisait longtemps qu'on ne m'avait pas sorti une belle comme celle-là !
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Vive le kebab libre !
Un jour, quand je serai vieux, comme tous les Bondynois de bonne famille, j'irai faire mon hadj (pèlerinage, en arabe). J'irai vêtu simplement, frères parmi d'autres frères marchant dévotement vers l'Orient lointain. Pèlerin au visage radieux, de chaudes larmes ruisselleront sur mes joues palpitantes de joie. Elles entoureront un large sourire béat, mon âme emplie de bonheur, mon pas foulant enfin la terre sainte : la Turquie ! Mecque du kebab !
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Filles de banlieues, jouissez sans entraves !
Il y a un truc que je n’ai jamais bien compris chez les filles de banlieues : elles veulent vivre. Dés que ça a 21 ou 22 ans, ça veut faire des trucs complètement déments comme prendre un verre ou rentrer à la maison à 21h30, ou, summum de l’anarchie, appeler un garçon au téléphone. N’importe quoi ! C’est à cause des études, faut arrêter ça tout de suite. Ça leur a mis des idées démoniaques dans la tête. Les femmes réussissent mieux à l’école que nous, les rats, ce qui fait que de nos jours, elles se refusent aux plaisirs simples et sains de l’existence, comme faire le ménage, la cuisine ou rêver du grand amour qui ne vient jamais devant les « Feux de l’amour » toute l’après-midi. Ça veut vivre…
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Hard discount : c’est ton destin !
Au même titre que Louis Vuitton, il s'est imposé à Bondy comme le nouveau signe extérieur de richesse : le sac... Carrefour ! Une fois, j'ai voulu me faire plaisir en achetant du fromage qui en avait le goût, à Rosny 2. On aurait dit que j'étais Lagardère, tellement j'ai fait des envieux dans le quartier : « Bourgeois ! On mène la grande vie, hein ! Monsieur achète des yaourts au bifidus actif, des trucs vus à la télé… Nanti, va ! » Faut bomber le torse, maintenant, quand on rentre des courses faites au centre commercial ? Merde ! J'habite pas dans un township, tout de même. Acheter du Nutella dans un supermarché classique, c'est devenu bling bling à l'heure actuelle, vu la place qu'a prise le hard discount dans le cœur, et le ventre surtout, des Bondynois.
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Les soldes du rat
« Bonjour. Une paire de chaussettes s’il vous plait. – Tenez. – Merci au revoir. » C’est comme ça qu’un Hocini fait les soldes ! Pas de papouilles, pas de chatouilles et pas de queues interminables dans les grands magasins. Moi, c’est trois secondes chez le fripier du marché de Bondy. Emballé c’est pesé, merci mon cul, à l’année prochaine. La société de consommation est une garce en période de soldes, elle vous bouffe votre temps, vos sous et vos nerfs. Je la fuis telle Sarah Connors devant le Terminator. L’excellent papier de Widad (que j’aime en secret) a su l’expliquer avec brio.
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« Adieu Paris » ou la profession de foi du Kabyle agonisant
Pour ne pas changer, je vais vous raconter ma vie, ou plutôt celle de mon village, au bled. On a eu un mort au douar dernièrement, dont l’histoire a fait le tour de la région pour atterrir dans mes oreilles de Bondynois. Un brave type, ce vieux monsieur, qui a passé presque toute sa vie à travailler en France et qui est venu passer ces derniers jours au pays. Un vrai highlander du Djurdjura, le bonhomme, un immortel. Plusieurs fois, la mort est venue le chercher, mais toujours son corps décharné de Kabyle des montagnes s’est extirpé de l’étreinte mortelle de la grande faucheuse.
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«Do You went to Masaï Marra ?»
La mort d’une bonne action, c’est de la rapporter, disent les arabes. Tant pis, je vous raconte. Attendant mon cher RER E sur le quai de la Gare du Nord, un Noir m’aborde, baluchon sous le bras, en ces termes : « Saint-Lazare ? Please. » Ça sent le touriste paumé, et ça se comprend. Magenta, Haussmann Saint-Lazare, une mécanique complexe de dédales souterrains sans fin. Comment expliquer à cet égaré un itinéraire cohérent, avec mon anglais de fennec ? Allez ! Cet après-midi, bibi est d’excellente humeur : « Follow me, I going with You, mon bon monsieur » (suivez moi, je vous accompagne).
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Gaza-Sderot : dans les cuisines palestiniennes et israéliennes
Quand elle veut, la toile peut. Prenez Arte, par exemple. Certes, je viens de faire la sieste devant un de leurs reportages sur la fabrication des violons, mais le site Gaza Sderot qu’il patronne, ça, c’est du grand art ! L’idée est simple : un documentaire en forme de petits films, tournés au jour le jour à […]
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« On fera mieux qu’eux, inch’allah, la prochaine fois »
Mercredi aux aurores à la gare Bondy : c’est le fin du fin pour qui veut assister au réveil de la France de banlieue qui se lève tôt. Et quand je dis qui se lève tôt, je devrais dire qui ne dort pas beaucoup. 5h30 du matin, et déjà des gens sur le quai en super forme de zombie pour aller bosser, idem sur la place du marché, en face de la gare, où les commerçants s’activent depuis au moins une heure pour préparer leurs étales toujours aussi bien achalandés qu’un souk de Tizi Ouzou.
