Derniers articles

  • La mort lente de la tour Balzac

    Troisième étage. C'est la chambre d'une enfant. Le papier peint rose a jauni, les murs s'effritent. Quatrième étage. Les traces d'un feu ravageur. La fumée noire qui se dessine encore sur les murs. Septième étage. Un signe tribal tagué à la bombe sur un balcon ; comme ancré. Les yeux sont rivés, scrutent les moindres souvenirs. Les habitants saisissent une dernière photo, une dernière image, qu'ils emporteront.

    Par Mehdi Meklat
    Le 22/07/2011
  • Partie de campagne à La Courneuve pour Martine Aubry

    Au loin, les cloches résonnent. Les fidèles s'enfilent dans les églises. Les dames accourent dans les allées du marché. On se bouscule pour les tomates génétiquement modifiées. On se bat pour un lot de couteaux. Au parc de la Courneuve, à l'heure de la messe, le dimanche, les effluves de rhum font tourner les têtes. La communauté caribéenne a pris d'assaut un bout de gazon. Quelques tentes blanches sont plantées dans la pelouse verte. Le soleil fait rougir les tronches.

    Par Mehdi Meklat
    Le 04/07/2011
  • Will.i.am aux jeunes du 20e : «Parmi vous, peut-être le prochain Mark Zuckerberg»

    C'est une balade, sous un soleil qui frappe à coups de rayons brûlants. Comme une sacrée montagne, le 20e arrondissement de Paris se gravit. Pas à pas. Eventrer la place Gambetta, monter la Rue des Pyrénées, tourner à gauche jusqu'au numéro 121 de la rue de Ménilmontant. A l'espace Carré de Baudoin, entrez sans frapper. Les gardiens de la paix municipaux prennent des grands airs. L'événement dépasse leurs attentes. Rarement la mairie n'avait réussi à réunir autant d'objectifs. Caméras et photographes se chamaillent sur le parvis.

    Par Mehdi Meklat
    Le 27/06/2011
  • Des sigles et des lettres

    O.E.T.C.D.I.P.Q.C.M (On est très contents d'être ici, parce que c'est marrant. O.P.Q.T.C.S.N.S.A.R (On pense que tous ces sigles ne servent à rien). I.Y.E.A.P.P (Il y en a pleins partout). D.I.Y.E.A.T.Q.O.C.R (D'ailleurs, il y en a tellement qu'on comprend rien). O.N.A.P.L.P.D.L.V.C.C.S.L.I (On nous avait prévenu, la politique de la ville ça croule sous les initiales). M.D.L.A.E.V.C (Marchez dans les allées et vous comprendrez.

    Par Mehdi Meklat
    Le 15/06/2011
  • Claude Guéant: « J’occupe un deux pièces au ministère de l’intérieur »

    Un air de clarinette se brouille avec un tonnerre de piano. Et la musique s'emballe. La salle est immense. Johnny n'hésiterait pas à y allumer le feu. Les gens portent des chemises aux cols blancs. Un peu comme une réunion géante d'habitués. "Alors, c'était comment Genève?" lance un gars à son collègue globe-trotter. Le palais des Congrès se remplit tranquillement. Il finira à moitié vide.

    Par Mehdi Meklat
    Le 15/06/2011
  • Un gamin à Sevran : « Mais l’armée, c’est pour la guerre en Afghanistan »

    Une voix électronique annonce : « Sevran-Beaudottes ». Le quai du RER est vide et crade. Un vendeur de maïs, un « boulanger-artisan » et pour le reste, des bâtiments. Le ciel est blanc, les rues sont grises. Le cinéma a la façade défoncée par l'âge. Quelques arbres défrichés. Les bancs devant la gare sont esquintés. Des gamins vadrouillent à vélo. C'est dimanche.

    Par Mehdi Meklat
    Le 14/06/2011
  • Keny Arkana : « Démerdez-vous avec votre conscience ! »

    En elle, plus de rage que de haine. Son sang est argentin, marseillais et rouge-vif. Elle a été une âme errante. Un jour, elle a trouvé un stylo, une feuille. Elle a dégueulé ses tripes sur du papier. Elle a pris ce malin plaisir à s'enrager avec des mots. Elle s'agace de l'« injustice », se fout de la « politique ». Keny Arkana enroule du tabac dans une feuille à cigarette. Enflamme la mèche d'un coup de briquet. Elle sort « L'esquisse 2 », dans les bacs et sur les plateformes de téléchargement légales et illégales.

    Par Mehdi Meklat
    Le 01/06/2011
  • Mehdi et Badroudine font la «Polisse» à Cannes

    Vendredi 13, 21h24. Nos cœurs claquent. On sort nos invitations, coincées dans les poches intérieures de nos smokings prêtés et apprêtés. Les gens s'agglutinent derrière les barrières. C'est comme à la télé. Le rouge du tapis est aussi rouge que les lèvres de Penelope Cruz chez Almodovar. Le noir et blanc des costards est aussi coloré qu'un film de Chaplin. Les invités sont tout à leur iPhone. Ils veulent garder ce moment à jamais. L'enregistrer, se le mater en boucle et dire, pour crâner : « J'ai monté les marches à Cannes. » Les photographes ne se bousculent pas pour nous photographier, nous les ravisés, embauchés trois jours dans le staff de France Inter.

    Par Mehdi Meklat
    Le 23/05/2011
  • Carla Bruni-Sarkozy, le bébé du combat contre l’illettrisme

    Mardi. Des lueurs blanchâtres traversent le hall du Centre Pompidou. Le jet des flashs rebondit sur le panneau blanc de la Fondation Carla Bruni-Sarkozy. Des macarons à la rose s'ennuient dans le fond d'une assiette aussi pâle que la nappe dressée. Quelques serveurs font s'entrechoquer les verres de jus d'orange à ceux de pamplemousse. La brochette d'invités et la maîtresse de cérémonie, Carla Bruni-Sarkozy, viennent de débarquer. Elle porte un tailleur bleu très foncé. La meute médiatique s'excite derrière le cordon de sécurité. « Vous confirmez les déclarations de votre beau-père ? », lance une journaliste, d'une voix fluette. On se croirait à la sortie d'un tribunal, dans les séries américaines. Elle coupe court : « Merci pour ces magnifiques photos. »

    Par Mehdi Meklat
    Le 18/05/2011