Derniers articles
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Commerce en banlieue : petits arrangements entre amis
La cité, ce n'est peut-être pas la vie en rose, mais les placards y sont rarement vides longtemps. Surtout lorsqu’on se côtoie depuis des années. Tout se troque, se prête, se donne. Il y a maman qui envoie son petit avec un verre vide demander du sucre ou de la farine à la voisine. Ou le gamin qui toque à la porte pour des œufs ou un oignon. Mais les échanges et services rendus ne s'arrêtent pas là. Votre télé tombe en panne ? Allez en face. Sinon, adressez-vous aux jeunes en bas de l’immeuble. Avant la fin de la soirée, vous aurez un téléviseur dans votre salon. Certes, pas flambant neuf, mais c'est déjà ça !
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Maman, je t’aime, mais laisse-moi vivre ma vie
Kahina était une femme indépendante, passionnée de stylisme et de mode. Son chemin vers le prêt-à-porter haut de gamme était tout tracé. A 34 ans, elle se retrouve avec une sandwicherie à gérer dans le 92. Elle rêvait de beaux tissus et d’invention de belles tenues, mais c’est friture et steak haché au quotidien. « Sans m’en rendre compte, dit-elle, j’ai laissé filer mon rêve pour réaliser celui de mon adorable maman. » Sa mère, arrivée d’Algérie dans les années 60, a connu toute sa vie les ménages et les petits boulots pénibles. Son plus grand souhait était de devenir patronne afin de ne plus être commandée par un patron.
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Formations sucrées par l’Etat : la colère des chômeurs
Le monde des chômeurs n'est pas content de vous annoncer la naissance de Pôle emploi. L'enfant né de l'union de l'Assedic et de l'Anpe. En guise de gourmette pour le petit, un collier étrangleur : la suppression de l'AFF (Allocation de fin de formation), qui fait partie d’une batterie de lois dites de refonte de la formation professionnelle. « C'est une blague ? Non ? Mais qu'est-ce que je vais faire sans l'AFF, moi ? », s’exclame Selma face à sa conseillère Pôle emploi.
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Ces bébés shootés au Coca
Quand des ados se cuitent à l’alcool nuit et jour, d’autres, encore plus jeunes, se shootent au Coca. C’est devenu une habitude dans certaines familles que de donner à boire aux enfants, dès l’âge de 2 ans, le mythique soda plein de bulles et plein de sucre. L’une des boissons les plus vendues au monde coule à flots dans le gosier des bambins. Elle en vient parfois à remplacer le lait. L’autre jour, dans le bus, je tombe nez à nez avec une maman d’une trentaine d’années accompagnée de ses deux enfants, des jumelles âgées de 2 ou 3 ans. L’une des petites semble réclamer avec insistance un petit quelque chose. Je m’attends à un biberon, un jouet, un bonbon. J’ai tout faux : la maman tend à sa petite fille une bouteille de Fanta, toute prête à être consommée.
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José fait des passes à la diversité marseillaise
C’est en 1939, à l’initiative d'un instituteur et d'un groupe d'amis, que le club du SO Caillols a vu le jour. « Un club distinct des autres, forgeant personnalité au fil du temps, s'interrogeant sur son avenir mais qui, par la pugnacité de ses fondateurs, se sent fait pour réaliser de grandes choses. » Je me renseigne avant mon interview sur l’historique du club : « Les grands desseins, la foi en un idéal, des hommes droits, généreux, ardents au travail sont toujours générateurs de réussite. » Une sacrée réussite, en effet, puisque des grands noms du football ont évolué au sein du SO Caillols : Jean Tigana, Christophe Galtier ou encore les frères Cantona sont passés par là et font encore la fierté de leurs entraîneurs.
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En taule, p’tits boulots, maxi exploitation
« Mon salaire est de 150 € par mois en moyenne, je suis payé à la tâche. Je travaille 8 heures par jour, du lundi au vendredi. Si je suis absent pour maladie ou autre, je ne suis pas payé et notre contremaître peut à tout moment nous licencier sans préavis, du jour au lendemain. » Vous pensez sans doute que celui qui prononce cette phrase est un pauvre habitant du tiers-monde exploité par une multinationale ? Détrompez-vous, c’est un citoyen français : Karim, 45 ans, père de famille. Il est ouvrier dans un atelier bien français, situé dans une commune du Val d’Oise : Osny. Sa particularité c’est qu’il se trouve dans une maison d’arrêt et que notre ouvrier est un détenu.
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Paolini en personne vient faire la promo de TF1 en banlieue
Tout commence dans l'hésitation. Les retardataires se pointent, certains se voient l’entrée refusée. Vendredi 30 janvier, 15h30. TF1 est là, il y a foule. Sous l’œil bienveillant de leurs professeurs et d’Aïcha Amghar, le proviseur, nos lycéens sont invités à échanger avec la délégation VIP venue tout droit de la tour de Boulogne. Samira Djouadi, présidente de la fondation TF1, est bien sûr de la partie. Robert Namias, d’ordinaire présent à ces rencontres entre la première chaîne et les jeunes blacko-beurs de banlieue, est absent. Normal, l’ex-directeur de l’info n’est plus en odeur de sainteté auprès de la direction, qui l’a viré de son poste en même temps que PPDA du 20 heures.
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« La mémoire de Renault Billancourt ne doit pas disparaître »
Quand Mohamed Amri parle de l’Ile Seguin, du département « montage » et de la chaîne 74 sur laquelle il a travaillé pendant plus de 30 ans comme ouvrier spécialisé à l’usine Renault de Billancourt, sa voix tremble un peu. C’est dire le souvenir que lui ont laissé ces années de dur travail mais surtout de solidarité, de luttes, d’échanges avec les dizaines de milliers de salariés et les 58 nationalités que les grands ateliers ont vu défiler.
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Ils ont 16 et 17 ans, ils s’aiment d’amour et d’alcool
L'odeur est dégoutante, envahissante. Ça pue l'alcool. Une bouteille renversée sur le sol de cette superette ? Qu'est-ce qu'ils attendent pour nettoyer ? Non, c'est derrière moi que ça se passe. Une fille d'à peine 16 ans. Toute mignonne avec ses yeux bleus. Toute rouge aussi. Elle aligne deux grandes bouteilles, Vodka et Martini, sur le tapis de la caissière. C’est l’après-midi, 15 heures. Son copain la rejoint. Jus d'orange, coca, vin rouge et gobelets viennent allonger leur facture. La fête avec l'alcool, elle sera encore plus folle ! Je les laisse passer en premier. La caissière n'a pas demandé leur carte d'identité. La fille me remercie, avec son sourire aux dents gâtées. Je laisse tout en rade et me précipite pour les rejoindre.
