Derniers articles

  • Six mois dans la rue avec un bébé de dix-huit mois

    Ce midi, je mange avec Sonia. Ce n'est pas son vrai prénom. Elle a 35 ans et sort d'une sacrée galère. Elle vit actuellement dans un foyer pour femmes battues. Sa fillette a quatre ans et demi. Nous allons manger dans un Mac Do équipé d'une salle pour les enfants. La petite pourra jouer pendant que nous parlerons tranquillement. Elle est belle Sonia, avec ses cheveux dorés qui sortent de son béret. Et quelle détermination il y a derrière son sourire timide. Il lui en a fallu du courage pour arriver où elle est aujourd'hui. Voici trois semaines, elle a trouvé du travail. Elle garde les enfants d'un médecin tout en donnant des cours d'arabe au fils aîné.

    Par Bondy Blog
    Le 19/11/2005
  • Jéhovah chez les musulmans

    J'arrive en retard au culte. Je pousse la porte au parterre d'une grande maison individuelle, la salle du Royaume comme la nomment les témoins de Jéhovah. "Le culte est public, tout le monde peut venir…" m'avait dit Hélène. A l'entrée, des cerbères trient le bon grain de l'ivraie. "Vous avez été invitée par qui?" me demande l'un d'eux. "Par Hélène que j'ai rencontrée au marché de Bondy où elle tenait un stand". "Hélène comment?" "Je ne sais pas son nom de famille Monsieur". Il insiste pour connaître le nom de famille. Coup de bol, je vois Hélène dans la salle. Je la désigne.

    Par Bondy Blog
    Le 19/11/2005
  • Une piaule pour boire, fumer et faire tourner une fille

    Je rentre à l'hôtel en poussant mon vélo. La nuit tombe et le froid est mordant. A la réception, quelques jeunes Blacks. Ils sont grands et n'ont pas des gueules d'ange. Le réceptionniste me glisse: "C'est ceux-là que tu devrais interviewer. C'est ceux-là qui ont brûlé les bagnoles. Ils viennent ici quand il peuvent se payer un chambre, parce que les parents ne veulent pas d'eux à la maison." Je m'approche, leur explique qui je suis. "D'accord Madame, à 18 heures Madame."

    Par Bondy Blog
    Le 18/11/2005
  • La libération d’Aïcha

    Je lance à la ronde: "Vous connaissez des femmes à qui le mari interdit de sortir de la maison?" Au bout de la table, deux femmes voilées. L'une d'elle a un regard malicieux. Elle me fixe et lance: "Même lorsque mon mari m'interdisait de sortir, je ne l'écoutais pas." Elle est tout en rondeurs, une longue jupe bleue, un pull en velours de la même couleur, les pieds nus dans des sortes de mules. Elle m'intrigue.

    Par Bondy Blog
    Le 18/11/2005
  • Parler, si le mari le permet

    13h30. J'enfourche mon vélo et je pédale direction Bondy Nord. J'ai rendez-vous à la maison de quartier Daniel Balavoine. Des cours pour apprendre le français y sont organisés trois fois par semaine. J'aimerais pouvoir parler à des femmes immigrées. Le vendredi, il y a un cours de cuisine. Pour de nombreuses femmes musulmanes, ces quelques heures sont l'unique occasion de quitter leur foyer et de rencontrer d'autres femmes. Si leur mari le leur permet, évidement. Tous les hommes ne sont pas d'accord. A mon arrivée à Bondy, jeudi après-midi, Serge et moi nous étions déjà rendus ici. Je m'étais présentée à deux groupes de femmes immigrées. Acceptaient-elles de me parler? "Il faut que je demande à mon mari" était la réponse standard.

    Par Bondy Blog
    Le 18/11/2005
  • Un café avec un braqueur de transports de fonds

    Mon cahier sous le bras, je redescends dans le hall de l'hôtel pour un problème de ligne téléphonique. "Vous êtes assistante sociale?" me demande un homme. Veste noire, mine tendue, il tient un papier à la main, une facture qu'il ne peut pas régler. Il n'a pas d'argent. "Euh non, je suis journaliste." Tony, appelons-le ainsi, en a gros sur le coeur. Il est à deux doigts de faire une bêtise. "Je vais retourner voler. Cela me rend fou de voir ma famille dans cette situation!" Cela fait six mois qu'il vit dans l'hôtel avec sa femme et ses deux enfants en bas âge. Il a 30 ans, Tony. Et déjà un passé de braqueur. Je lui propose un café de l'automate à boissons. Il veut bien me raconter sa vie. Il ne sourit pas, Tony. Ses yeux bruns sont comme éteints.

    Par Bondy Blog
    Le 18/11/2005
  • Vivre avec 517 euros par mois

    De retour à l'hôtel, je retrouve Serge et Paolo qui se réveillent. Cafés, croissants et chocolat chaud dans un bistrot du coin. Serge me laisse le vélo (harnaché de deux très solides cadenas) et une précieuse liste de contacts. Bondy à bicyclette, c'est pratique mais limite kamikaze. Tiens, c'est peut-être pour cela que je ne vois pas d'autres cyclistes... Vais-je me faire piquer le deux-roues ou me faire renverser ? Inch' Allah comme on dit ici. Mes deux camarades sont partis. Ciao les gars!

    Par Bondy Blog
    Le 18/11/2005
  • Un prof désigné volontaire

    Je me suis levée tôt ce matin. Une chambre qui donne sur la Nationale à neuf pistes, c'est bigrement efficace comme réveille-matin. A 6h45, je suis venue me poster dans le hall de l'hôtel Eden. J'ai rendez-vous avec Laurent, un jeune homme que j'ai croisé à la réception. Hier, alors que j'attendais Serge et Paolo, pour aller suivre l'entraînement de foot du RC Blanqui, j'ai entendu le réceptionniste tunisien lui dire: "Ca doit faire une sacrée différence avec chez vous!". 

    Par Bondy Blog
    Le 18/11/2005
  • Clichy, la nuit

    Frigorifié après l'entraînement, nous passons encore chez Gabrielle. Malgré l'heure tardive, elle a préparé un bon repas. Elle a aussi enregistré le reportage de France 2, où nous reconnaissons certains personnages, comme le frère de Mokhtar. Bof. Avec ce ton qui mêle si bien distance et sollicitude, le journaliste assène qu'il est resté dix jours à Bondy. Les jeunes nous ont dit six. Il y a deux ou trois bonnes choses, mais le reportage ne décolle pas vraiment. 

    Par Serge Michel
    Le 18/11/2005