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« Si tu écoute la radio, tout ce qui marche vient des banlieues et est métissé d’une manière ou d’une autre. Le rap français a des sons orientaux, antillais ou africains, le r’n’b aussi. » Enthousiaste (trop?), Felix est certains que c’est en banlieue que la créativité française est la plus vivace. « C’est parce qu’ici, on a rien à perdre, on prend des risques. À Paris, quand ils ont quelque chose il le font durer pendant des années, ici on est créatif. »

Avec son association, ce Béninois organise « Y a d’la banlieue dans l’air », un festival de musique, gratuit et varié. Musique africaine, Rai, rap, chanson française, tout y passe. « Au début des années 90 il y avait un manque. Les communautés immigrées n’avaient rien de culturel qui leur parlait à Bondy. Chez moi, la culture fait partie de la vie de tous les jours, elle est vécue simplement. On ne paye pas d’entrée par exemple, on ne réserve pas non plus à l’avance. Avec ce festival, Bondy a enfin quelque chose de ce genre, un événement culturel qui correspond aux habitudes de ses immigrés. Et, comme nous programmons tous les genres de musique, les différentes population se rencontrent. »

Dans ce cadre, des soirées « tremplins » et des ateliers sont organisées pour les amateurs tout au long de l’année. « Ils peuvent ainsi travailler avec des techniciens pro et se faire connaître. » Car les infrastructures manquent pour la création musicale et les jeunes des quartiers pratiquent pourtant beaucoup selon Felix. Depuis deux ans les subventions diminuent… mais globalement, plusieurs personnes nous l’ont dit, elles semblent revenir depuis les émeutes.

Il y a bien la MAO (musique assistée par ordinateur), un local de la ville qui a quelques équipements. Mais les musiciens préfèrent se tourner vers les infrastructures plus développées des communes voisines… ou bidouiller chez eux, comme le collectif Wicked Vibes Sound qui sort sa deuxième compilation de reggae remixé. Ils ont travaillé sur leurs propres machines et sont ensuite passé au studio « la ferme » pour enregistrer leur démo. Tarif: environ 80 euros les quatre heures.

Par Paul Ackermann

Paul Ackermann –

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