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Il ne passe pas inaperçu dans les quartiers de Bondy nord. Cheveux aux vents sur son vélo, Christophe Fischer est à Bondy pour un reportage sur les banlieues. En quelques jours, il a gagné la confiance des jeunes. Il dessine les cités de Bondy nord et fait le portrait de quelques jeunes. « Ils sont vraiment curieux ces suisses et ils n’ont pas froid aux yeux. Déjà ceux qui étaient là pendant les émeutes ont lancé le Bondy blog et maintenant il y a un dessinateur, que va-t-il lancer lui ? » disent les jeunes de Bondy.

Comment es-tu arrivé à Bondy ?

J’ai participé à un concours pour artiste dans ma ville à Lucerne et j’ai gagné un séjour de 3 mois en France. Cela tombait bien car je voulais faire un reportage sur les banlieues dans les vraies conditions et pas en atelier. J’ai entendu parler des cités de France dans les journaux Suisses et à la télévision surtout pendant les émeutes alors j’ai voulu voir pour me faire ma propre image. Je ne voulais pas rester sur ce que disent les médias. Je viens d’une cité qui s’appelle Kreuzstutz (Suisse central), aussi délaissé que les cités en France, il y a beaucoup d’immigrés donc je voulais comparer les deux. Je suis allé tout d’abord à Aulnay sous bois et Clichy sous bois mais les gens n’étaient pas très accueillants, puis je suis venu à Bondy nord. Il y a eu une grande différence ça se passe beaucoup mieux ici.

Quelle a été l’attitude des jeunes quand ils t’ont vu dans leur quartier en train de dessiner ?J’étais assis prêt de l’église de Bondy nord puis les enfants sont venus me parler. Je leur ai montré mes dessins et ils voulaient tous que je les dessine. Ensuite, c’était le tour des plus grands. J’étais vraiment surpris car j’ai fait d’autres cités et cela ne s’est pas bien passé. Les jeunes m’ont pris pour un policier ou un journaliste et d’autres étaient agressifs avec moi. A l’inverse, à Bondy nord, les gens étaient ouverts. Dans les autres quartiers où je suis allé, j’ai eu l’impression que l’atmosphère était plus dure. Je ne sais pas si c’est l’hiver où c’est parce que j’étais nouveau mais c’était difficile, les gens étaient fermés. J’aimerai bien y retourner maintenant qu’il fait un peu plus beau pour voir si l’ambiance est pleine sereine. Je connais un peu mieux leurs mentalités et j’ai remarqué que c’est comme dans un village où tout le monde se connaît, alors quand tu viens dans leur univers comme cela, ce n’est pas si simple pour eux, ils se méfient. Et je le comprends d’ailleurs.

Tu n’as pas eu peur de t’aventurer dans le 93 en sachant que d’autres n’osent pas y venir à cause de tout ce que les médias racontent ?

J’étais un peu naïf. Je pensais que l’on pouvait y aller sans problème pour faire des photos ou des reportages, mais j’ai vu que cela n’était pas évident. J’ai appris beaucoup. Il faut d’abord apprendre à les connaître, à les rassurer et à construire une relation de confiance.

Que vas-tu faire de tous ces dessins ?

Je vais peut être en publier dans certains journaux ou éditer un livre.

Quel bilan tires-tu de ton séjour dans le 93 ?

Je suis vraiment satisfait, c’était une très bonne expérience. J’ai énormément appris sur les mentalités des gens dans les quartiers et aussi sur moi-même, c’est-à-dire comment je réagis face à eux. Ils se connaissent tous, c’est comme une famille, tout le monde se connaît et ce n’est pas pareil en Suisse.

Essi Gnaglom

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