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« Regarder le monde avec les yeux des autres ». Voici l’objectif que se sont donné les organisateurs de la Biennale, Florence Lloret (cinéaste) et Michel André (acteur-metteur en scène). A travers différents lieux (La Minoterie, Le Merlan, La Friche la Belle de Mai, L’Equitable Café, L’Espace Julien…) et différentes villes (Marseille, Avignon, Cavaillon), le spectateur curieux peut découvrir des événements culturels singuliers. Expositions, représentations théâtrales, conférences, créations en tous genres et instants d’échanges se succèdent tout au long de ces trois semaines.

Cette biennale cherche à montrer le monde à travers des individualités. L’occasion de rappeler qu’il n’y a pas une façon de voir les choses mais une multitude. Toutes les créations cherchent à rendre compte d’une vision du quotidien. Michel André raconte : « écrire le réel comme une expérience  sensible du côtoiement de l’autre, celui qui m’est étranger. Ces récits d’un territoire, d’une communauté, d’une personne, d’un espace comme celui de l’école ou du travail engagent à des réceptions nouvelles qui construisent du commun. »

« C’est un véritable coup de point artistique » Les organisateurs de cette rencontre ont su réunir les professionnels du spectacle mais aussi, et surtout, des intervenants extérieurs  en amenant la création artistique dans les cafés, collèges, écoles primaires… L’occasion de raconter un quotidien invisible tant il fait partie de nos vies. Dans L’alphabet des oubliés le poète met en scène la parole de collégiens après une résidence de l’artiste à l’école primaire Major-Cathédrale. Un travail réalisé durant plusieurs semaines. Dans cet objectif de faire participer l’ensemble des « citoyens », plusieurs ateliers ont été suivis à La Cité

Les réalités mises en lumière sont parfois des réalités douloureuses. Le spectacle de danse Congo My Body raconte le quotidien d’enfants soldats en République Démocratique du Congo. La violence, les combats, la manipulation, la drogue… Les trois danseurs manipulent sur scène des marionnettes. En fond sonore, les bruits du quotidien de ces enfants soldats. Deux d’entre-eux sont des exilés politiques qui jeunes, ont intégré les milices. C’est leur enfance qu’ils mettent en scène. Un spectacle fort. Paul, retraité raconte à la sortie du spectacle : « Je suis impressionné par les danseurs et leurs compétences. La scène de torture est oppressante. C’est un véritable coup de poing artistique qu’on nous lance, avec ce témoignage d’enfant face à la guerre et à la souffrance. »

Récit d’un ex-détenu, exposition d’œuvres picturales réalisées par des handicapés mentaux, mise en scène d’une bribe de vie de la journaliste Politkovskaïa… Les récits sont différents, racontent des expériences très diverses. Mais toutes ont en commun la sincérité du vécu. Toutes ont aussi le mérite d’amener les curieux à partager des instants de vie, des moments de réflexion, du recul sur le quotidien. Clôture samedi.

Charlotte Cosset

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