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En ce jour du Seigneur, on fait le mur une dernière fois face à une brocante sur le boulevard Diderot. Loin des briques à brac, le hip-hop et ses arts graphiques sont sur le haut du pavé. Gare aux gorilles dans ce « Grand Central Terminal » improvisé… Tout est fait pour rendre hommage au berceau de ce mouvement culturel provenant de la grande pomme. Il y a au programme, des graffs, des tags, des photos pendant que des enceintes crachent les décibels. L’espace est recouvert, du sol au plafond, aucun mètre carré n’est laissé à l’abandon. L’art est partout et se distingue avec sa touche d’authenticité qu’apporte chacun de ces artistes. Ça déambule de partout au son des sets des DJ’s, des flashs des Smartphones, de la contemplation des badauds aphones une ultime fois avant l’effondrement, le krach boursier artistique.
L’opération a démarré deux jours avant le début de l’été… Le soleil rentre dans ces murs avec des graffeurs à la renommée interplanétaire dans ce bastion militaire voué à disparaître. Ils s’expriment dans ce 1000 m2 et refont le monde en moins de 80 jours avec des éclats d’obus qu’ils exposent dans les règles de l’art, dans le cadre du Festival Paris Hip Hop. Création artistique, suivie d’une démolition, ça sonne comme un avortement. Le graffeur Lazoo est aux commandes et porte la casquette de directeur artistique, il déroule le plan d’action.
« L’idée de “Face au mur” est un partage entre les graffeurs et le public. Ce projet était dans la mouvance du projet street art : “la tour paris 13” malgré que l’on fasse avant tout du graffiti. Ce qui était fort c’est qu’on avait une liberté totale pour prendre possession de l’espace et chacun a voulu exprimer à sa manière ce que représentait le hip-hop. Ce lieu est une aubaine et si c’était à refaire, je le referais sans hésiter en mettant la barre encore plus haut ! »
Comme toutes les gares, il y a des correspondances, des lignes à suivre selon les envies. Il y en a pour tous les goûts, l’exposition se distille en plusieurs parties. Au détour d’une allée on débarque dans la galerie photo de Marone qui immortalise une ribambelle de Mc de France et d’outre atlantique. On quitte le papier glacé, car dans la salle des graffiti s’exposent sur des toiles. Dans la pièce suivante, tout le monde pouvait laisser son empreinte, s’essayer au tag.
Parmi la foule, un trio d’ami arpente les allées sous l’œil de ces graffitis grandeur nature. Mandana lance promptement : « J’ai vu l’événement sur Facebook et je me suis inscrite ! Ce qui m’a attirée c’est que la caserne allait être détruite… » « Oui, c’est le côté éphémère ! » rajoute son amie Ruby avec son léger accent anglais. « Ce que je recherchais dans cette expo : c’est le sens de la vie… (Rires) Non je rigole… C’était de voir comment on pouvait transformer une institution… Je trouvais le principe atypique ! » relance Mandana amusé. « Pour ma part, c’est encore mieux que ceux que à quoi je m’attendais… J’ai cru que j’allais voir quelques œuvres disséminées par ci par la, mais le lieu a complètement réapproprié » conclut Coadio.
À l’image de cette bande de potes, tous les moyens sont bons pour combattre la grisaille de Paris… Aussi éphémère soi l’instant, l’art éveil les sens et met tout le monde au diapason que ce soi face au mur qui dégringolera ou ailleurs.
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Lansala Delcielo

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