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L’histoire d’« Harragas » se déroule en Algérie, sur le littoral méditerranéen, là d’où les bateaux partent vers l’Europe. Rachid (Nabil Asli) est le personnage principal du film. Il en est aussi la voix off, un narrateur en quelque sorte, bilingue, arabe et français. On commence sur une note triste, le suicide d’Omar, le meilleur ami de Rachid, avec qui il était censé émigrer illégalement vers l’Europe. Il ne lui reste plus que Nasser, un très bon ami également, avec qui il refera le voyage. « Refera », car ils ont déjà tenté l’expérience une fois, mais ils ont été reconduits en Algérie juste après avoir franchi la frontière française.

Imène, sœur d’Omar et petite amie de Nasser, va se joindre à eux dans ce voyage. Une jeune fille déstabilisée par la mort de son frère et qui cherche par là à le venger, à réaliser ce qu’il n’a pu faire de son vivant. « Si je ne pars pas je meurs, si je reste je meurs » sont les derniers mots qu’elle dit à sa mère avant de partir. C’est aussi les derniers mots qu’Omar avait écrits dans une lettre avant de mourir. Hakim aussi sera des leurs. Un jeune homme portant la barbe, MP3 dans les oreilles, communément et parfois maladroitement appelé un « frère musulman ». Hakim est l’ancien ami de Nasser et Rachid.

Leur voyage, c’est Hassan « mal de mer » qui l’organise. Un ancien marin (d’où son surnom) qui se fait un véritable business en jouant les rôles de passeur. Ce personnage, incarné par Okacha Touita, est une personne ambigüe, difficile à cerner. Il aide des personnes à traverser illégalement la Méditerranée mais qui les traite comme des moins que rien. Ses « clients » sont souvent des individus provenant du désert algérien, qu’il cache dans une forêt avant le grand départ. Ces mêmes personnes qui vont voyager dans la même petite barque que Rachid, Nasser et Imène : les harragas (les brûleurs).

C’est le nom donné au Maghreb à tout individu se rendant en fraude en Europe. On peut voir dans ce film une dénonciation des politiques d’immigration en Europe, mais aussi une dénonciation des politiques des pays d’origine qui ne laissent souvent pas d’autres choix à ces individus que de partir de chez eux.

Le voyage ne se passe pas comme prévu. Un policier menaçant, surnommé « la patibulaire » par notre narrateur Rachid, s’empare des commandes de la barque et décide de qui montera ou ne montra pas dans l’embarcation. C’est l’immigration choisie à l’envers !

Ils se retrouvent à traverser la Méditerranée pendant de longues heures, entassés dans une petite barque avec un revolver pointé sur eux. Dénonciation claire, ici, des passeurs qui mettent la vie des migrants en danger, qui paient une fortune pour voyager dans des conditions misérables.

L’un des intérêts du film est de voir comment des individus qui pour certains ne se connaissaient pas au moment d’embarquer, voyagent ensemble dans un si petit bateau, font preuve de solidarité et découvrent au fil de l’histoire ce que le destin leur réserve.

Imane Youssfi

Le film n’est plus à l’affiche, mais on espère sa sortie en DVD.

Imane Youssfi –

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