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Né en Guadeloupe de parents haïtiens, le rappeur Kery James met en rimes la saudade des banlieues mais il ne perd jamais espoir. Mieux, il entend s’investir. Lorsque je lui demande ce qui a évolué depuis deux ans, il nous donne son sentiment sur ce qui a été fait et surtout sur ce qu’il reste a faire. « Il ne faut pas nier que depuis 2005, les choses ont sensiblement bougé, dit-il. Dans la représentation des minorités par exemple, le gouvernement et les médias nous accordent une plus grande place. Même si ce n’est que de la poudre aux yeux, nous en avons besoin. » Il me fait part de son projet de créer une association qui agirait dans le domaine de l’éducation. Il pense que « ceux qui ont réussi ont le devoir d’aider les autres à s’en sortir. L’éducation est la base de tout. C’est dès le plus jeune âge que tout se joue ».

Son association, précise Kery James, mènerait trois types de projets: aide aux devoirs pour les plus petits afin d’éviter qu’ils décrochent; bourse pour ceux qui auraient besoin d’un soutien financier leur permettant de poursuivre leurs études, notamment dans de grandes écoles; aide aux jeunes qui souhaiteraient créer leur entreprise. Il mobilise actuellement des personnalités: artistes, sportifs ou chefs d’entreprises, venant de banlieue et qui ont réussi dans leur sphère propre. Ces derniers contribueraient au financement de l’association.

Il lui paraît logique que chacun agisse au mieux de ses intérêts: « Les riches défendent les riches, à nous de défendre les intérêts des nôtres, professe-t-il. Il ne faut pas attendre que les solutions viennent toutes seules, bougeons-nous pour que les choses se concrétisent. » Même s’il pense qu’une aide de l’Etat est nécessaire, des initiatives privées du genre de celle qu’il entend conduire lui paraissent essentielles. C’est, ajoute-t-il, le premier pas vers « une véritable révolution sociale qui est aujourd’hui indispensable ».

Fethi Ichou

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