photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don



Bondy et la musique étaient des mots qui n’allaient pas ensemble. A part la voix des petits chanteurs de cru, les locaux n’avaient rien à se mettre dans l’oreille. Cette époque est révolue depuis l’inauguration, mercredi, de l’école Olympe de Gouges. Un projet enfin abouti, dont l’ambition très républicaine est la démocratisation de l’excellence vocale et musicale, au-delà du périph’. L’école, superbe, est située à Bondy nord, longtemps à l’abandon, aujourd’hui en pleine rénovation. Olympe de Gouges hébergera cette année la maîtrise de Radio France, qui offrira une formation musicale de haut niveau à des élèves de CE1, semblable à celle que reçoivent leurs petits homologues de La Fontaine, dans le XVIe à Paris. On retrouvera peut-être dans quelques années des Bondynois dans les plus grands chœurs du monde.

L’inauguration s’est faite en présence du gratin républicain, national et local: la secrétaire d’Etat à la politique de la ville Fadela Amara, la députée Elisabeth Guigou, le préfet de Seine-Saint-Denis Claude Baland, le maire de Bondy bien sûr, Gilbert Roger, et le président de Radio France Jean-Paul Cluzel. Fadela Amara, en digne féministe, a dit sa fierté de voir cette école porter le nom d’une femme telle qu’Olympe de Gouges, qui a laissé cette phrase célèbre: « La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle devrait aussi avoir le droit de monter à la tribune. » Gilbert Roger a émis un vœu: la création, à Bondy, sa ville, d’un festival pour les chorales du monde entier.

Après un petit concert des élèves de l’établissement La Fontaine, j’ai rencontré le directeur d’Olympe de Gouges, Yannick Saint Aubert, qui n’a pas été choisi par hasard. Il connaît parfaitement Bondy, où il a précédemment dirigé une école pendant dix-neuf ans. « Tous les élèves proviennent du secteur de Bondy nord, indique-t-il. Le recrutement pour la classe de maîtrise Radio France a été effectué l’année dernière dans les classes de CP des cinq autres écoles de Bondy nord. » Cent trente élèves ont été auditionnés et 23 ont été admis. Ceux-ci disposeront d’un clavier offert par Radio France et l’Education nationale. Eh oui, à côté du chant, il faudra faire ses gammes au piano, dans un emploi du temps aménagé.

Un jeune élève de la nouvelle maîtrise, en costume, se présente : « Je m’appelle Donati (photo) et je viens de Bondy nord, me dit-il. J’étais à l’école Bouloche, j’ai passé l’audition l’année dernière, il fallait chanter une chanson avec un piano mais je ne me rappelle plus laquelle j’ai chanté, cette école est super bien et en plus j’ai retrouvé des copines dans ma classe cette année. » Sa mère, très fière, me confie: « Donati chante et danse depuis tout petit, il adore ça, alors quand nous avons appris la création de cette école et après avoir vu le livret avec le programme proposé pour cette classe, nous ne pouvions pas laisser passer cette chance. »

Dans la cour de l’école, des jeunes de la cité voisine et des jeunes chanteurs de la maîtrise de Radio France du XVIe parisien, interprètent un « battle » de « beat box » et de danse « tecktonik ». Je trouve génial que ces petits mondes d’habitude séparés, qui d’ordinaire s’évitent, soient rapprochés par la musique et le chant l’espace d’une soirée.

Yoann Defaix

Yoann Defaix –

Articles liés

  • « Je ne suis pas parisienne », le livre qui valorise (enfin) toutes les femmes

    Le 11 septembre dernier, Alice Pfeiffer a sorti son premier livre : Je ne suis pas parisienne. Avant même de savoir le sujet précis de l’essai, son titre piquait déjà notre curiosité. Adulée dans le monde entier, la Parisienne est un symbole de beauté, d’élégance et de culture : qui serait fière de ne pas correspondre à cette image ? L’autrice elle-même, visiblement – et elle vous encourage à faire de même.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 04/10/2019
  • Luc Pinto Barreto, « dealer de livres » à Saint-Denis

    Sur le parvis de la gare de Saint-Denis, trois fois par semaine, un stand détonne : celui de Luc Pinto Barreto, « dealer de livres » de son état. Le trentenaire a choisi de sortir les bouquins des murs des librairies et des bibliothèques pour les proposer, à la façon d'un vendeur ambulant, aux Dionysiens et Dionysiennes. Portrait.

    Par Nesrine Slaoui
    Le 01/10/2019
  • Souheila Yacoub, de corps et d’âme

    Ce lundi 23 septembre à 21 heures, Canal+ lance la série Les Sauvages. Avec Roschdy Zem dans le rôle du président de la République, cette série politique très attendue met en scène une flopée de jeunes visages issus de la diversité, parmi lesquels celui de Souheila Yacoub. Ancienne sportive de haut-niveau, ancienne Miss, aujourd'hui actrice talentueuse, Souheila n'a que 27 ans mais déjà une riche personnalité. Rencontre.

    Par Eugénie Costa
    Le 23/09/2019