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#RETROBB2017 L’Ascension est l’une des grosses surprises au cinéma en 2017. Le film de Ludovic Bernard, raconte l’histoire d’un gars de Seine-Saint-Denis, Nadir Dendoune, qui, pour conquérir le coeur d’une fille, décide de quitter La Courneuve pour gravir le plus haut sommet du monde. Un feelgood movie qui défend des valeurs humanistes et optimistes.

C’est décidé ! Du haut de ses 26 ans, Samy s’apprête à abandonner quelques mois ses potes et sa cité de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) pour gravir l’Everest. Réveil matinal pour le jeune homme, incarné par le prometteur Ahmed Sylla. Il a emporté avec lui une partie de son joyeux bordel dans un sac à dos prêt à exploser. Il ne connaît ni l’Himalaya, ni Mont blanc et n’a effectué aucun entraînement. Mais qu’à cela ne tienne !

Son courage, Samy le puise dans l’amour qu’il porte à Nadia, jouée par la belle Alice Belaïdi, celle qui le fait vibrer depuis « les années collège, la classe de 4ème ». D’un ton sérieux, il fait son lover. Il lui promet la lune, le beau parleur. La lune ? C’est dépassé. Le challenge, c’est l’Everest. Pour éblouir sa dulcinée, il part donc à l’autre bout du monde sur un coup de tête. Il aurait dû prendre plus de bonbons : Dragibus vs Regal’ad ? Nadia, qui travaille au supermarché pour payer ses études, n’y croit pas mais le suit de près. Amusée mais sceptique, la jeune femme s’aperçoit, progressivement, que le garçon est vraiment prêt à tout pour tenir sa promesse.

A la conquête de l’inconnu

Le voyage de Samy démarre dans la voiture de son père, chauffeur de taxi parisien. Il marche ensuite et s’empresse de monter dans la voiture des trois jeunes de son quartier. Les jeunes ne font que le tour du quartier, comme s’ils devaient vérifier le périmètre. Samy se remémore toutes les galères qu’il a dû traverser avant de prendre son billet d’avion pour l’Himalaya : recherche de sponsors et de financements, achat de matériel, galères devant les banquiers arrogants qui ne donnent aucune chance aux projets des jeunes des quartiers…

Arrivée au Népal. Le choc. Samy fait la connaissance de Johnny, un jeune local qui rencontre pour la première fois un Noir. Ce sera son compagnon de route, son meilleur ami, son frère. La lecture du soir d’un roman à l’eau de rose fortifie leur relation. A Namche Bazaar, il fait la rencontre de Jeff, le guide de haute montagne, joué par Nicolas Wanczycki.

En France, la presse s’agite. Le journal de La Courneuve s’empresse de narrer ses aventures. Les chaînes de télé passent au quartier. Une journaliste sur place prend ses dernières nouvelles. « Tu as intérêt à revenir », lui lance-t- elle. Le film souligne l’importance du poids des médias qui font très peu le choix de relater des initiatives positives qui voient le jour dans nos banlieues. 

Se confronter à la nature : la réalité le rattrape

Gravir l’Everest. Nous y sommes enfin. Samy est conscient de ses lacunes. Mais il se lance. L’oxygène vient à manquer. Les premiers courageux descendent le visage en sang et abîmé par la lourdeur de la tâche. S’aventurer va de pair avec les rencontres. Certains ont disparu sous la neige. Des Allemands, des Anglais, des Chinois l’accompagnent, le défient, le brutalisent et l’encouragent. L’épisode du mur de glace est d’un bonheur givrant. Samy s’entraîne le soir avec l’aide de Johnny. Une angoisse le paralyse : le vertige. Pour rejoindre un autre morceau de glace, il utilise un système D : deux échelles maladroitement attachées qui font office de pont. « Je suis plus plage moi, je ne suis pas montagne », plaisante Samy au bout du téléphone satellite. Le Courneuvien se plaint très souvent mais ne lâche pas le rythme. Sa famille et ses proches s’inquiètent. Aux camps de base, le réseau est très faible.  A 100 mètres du but,  “no more oxygen”. L’Everest toujours.

« L’Ascension » est une aventure humaine, entre film d’aventure et comédie romantique. Le long-métrage permet d’admirer le coeur de l’Himalaya. Les paysages splendides, récits architecturaux, montées en trompe l’oeil, cours d’eau sans fin sont mis en perspective par les très bons choix musicaux de Lucien Papalu. 

Yousra GOUJA

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