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Mardi, contre-anniversaire pour les « anti-Sarko ». Tandis que les fidèles sont à la salle Gaveau pour célébrer « un an de promesses tenues », d’autres estiment plus pertinent d’aller au Fouquet’s pour fêter « les un an de conneries du petit », répondant à l’invitation de Christophe Alévêque. Nous avons choisi le Fouquet’s, en raison sûrement de notre esprit fêtard. Nos excuses à l’UMP !

19h45, devant le restau des stars sur les « Champs », où Sarkozy avait réuni ses amis après sa victoire en 2007. Alévêque avait dit en guise d’invitation : « Celui qui veut venir, vient. » Quelques centaines de personnes ont répondu présentes. Mais à l’inverse de la teuf de Sarko, celle-ci se déroule à l’extérieur du Fouquet’s. Pas les moyens de régaler tout le monde, l’humoriste.

Un homme en costard fait les cent pas le long du bistro rétro. Il se plaint : « Merde, ils ont bien envahi l’entrée, là ! » Entre les limousines qui patientent et les clients de la terrasse, Christophe Alévêque, en digne maître de cérémonie, crie dans le mégaphone. L’homme a une petite soif : « Une bière s’il vous plait », ordonne-t-il en s’adressant aux serveurs de la « seconde maison de Sarkozy ». Tout le monde lui fait face, une vingtaine de caméras et une ribambelle de photographes aussi. Beaucoup de médias, comme l’année passée à la même heure.

Il ne reste plus que quelques minutes, les colistiers de l’humoriste distribuent des pin’s en la mémoire de l’interprète de « Milles colombes » Mireille Mathieu et, sur une feuille, les paroles des chansons de la place de la Concorde entonnées ce soir-là, « ce grand concert mémorable », ajoute Alévêque.

Jeannine est venue avec une grosse bougie jaunâtre : « Bah oui, il a un an ! » précise-t-elle ironiquement en tentant, pour une énième fois, d’allumer la flamme. Mehdi de Lille : « J’ai entendu du boucan, je suis venu. »

20 heures. Compte à rebours : 5, 4, 3, 2, 1, ouh, ouh, ouh ! La foule est en liesse, les confettis bleu-blanc-rouge tombent du ciel. C’est la fête devant le Fouquet’s ! Fidèle à la reconstitution de la soirée de 2007, Alévêque, tel un Sarko victorieux, va faire un discours. Le public est hilare à l’évocation de « Royal qui rigolait alors qu’elle avait perdu ». Pas un bruit lorsque l’humoriste invite à « une minute de silence pour la gauche… et pour le PSG, équipe préférée du président ».

On souffle alors l’unique bougie du gâteau en plastoc. Dans une folie totale, on reprend les chansons de Jeane Manson et Enrico Macias. Des « Mireille ! Mireille ! » de fin de banquet se font entendre, une « Marseille » s’impose. Le tout accompagné par un vrai orchestre, guitare électrique comprise. Une pensée pour Johnny Hallyday, « le bourré », avec « Que je t’aime » et une autre pour Gilbert Montagné, « celui qui n’est malheureusement pas sourd ! ». Pour conclure ce digne contre-anniversaire des « un an de connerie de Zébulon », un lâché de colombes été prévu. « Mais nous sommes comme le gouvernement, nous avons changé d’avis, ce sera une colombe en carton. » Qui retombera aussitôt.

Une trentaine de minutes plus tard, c’est déjà fini. Alévêque se dit « très satisfait » de la mobilisation. Il nous donne rendez-vous dans un an. Si le principal intéressé est toujours à sa place, bien entendu ! Si la solution de la démission ne l’effleure pas. Mais avec des « si », on refait le monde. Et une élection.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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