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À Bagnolet, le festival Kosmopolite Art Tour : « Nomade Land » a laissé des traces dans la ville. Une armada de graffeurs internationaux ont investi les murs de la ville, pour réaliser des fresques de rue et d’autres animations. Attention aux yeux ! 

Entes & Saile-1Entes & Saile-1Le festival kosmopolite est un événement tenu par une association de graffeurs. Il pose des bombes indolores, mais très colorées depuis plus de 10 ans à Bagnolet. La créativité s’exprime en plein centre-ville. Une véritable chasse au trésor se lance, à la recherche de la claque visuelle. ! À l’angle de la rue Julien Grimau, Pierre et Marie Curie, un homme vêtu d’un blouson à l’effigie de Zulu Nation (l’organisation internationale de hip-hop) semble communicatif. Il est armé… D’une série de bombes de peinture et d’une idée derrière la tête. Des grands gestes partent de toutes parts, vaporisant ses envies, son état d’esprit sur un volet aux pieds d’une cité lui redonnant des couleurs aux passages. Neok un graffeur français domicilié au Maroc, porteur de 26 ans d’expérience pour cet art, qui fait de plus en plus d’émules.

Monkey« Quand on a commencé au début, confie-t-il, c’était une culture qui n’était pas à la mode, on n’avait pas d’information, on n’avait rien ! Le but n’était pas d’entrer en galerie, car c’était plus un mouvement contestataire », confie l’artiste.

Il remonte à la genèse de sa discipline. Neok transmet avec pédagogie le pourquoi de sa passion : « Le graffiti c’est un truc d’adolescent, au départ t’es rebelle, tu as envie de l’exprimer selon tes idées, ton énergie : c’est comme cela que le vandale est né ! Marquer son blase un peu partout, allez peindre les trains, c’était plus une rébellion envers l’État, donc on ne s’attaquait pas aux biens privés. » Du vandalisme à la galerie, il n’y a qu’un pas ! Ce qui dérange hier passionne aujourd’hui.

« Le graff fascine, car on est dans une époque où l’on naît plus artiste, mais on rêve de le devenir ! La meilleure façon pour un État de pouvoir faire taire un mouvement underground, c’est de le faire rentrer dans le domaine public pour qu’ils perdent ses lettres de noblesse. C’est arrivé avec le graffiti, cela s’est transformé en street art ! » me livre sans concessions ce graffeur.

Le périple continue, à la recherche d’une nouvelle oeuvre. Au début de la rue Raoul Berton deux graffeurs sont perchés sur un échafaudage et l’autre sur une nacelle. Ils travaillent autour d’une même fresque. Entes à gauche est Péruvien et Saile est Chilien. L’Amérique latine prend position sur cette façade arrière d’une boulangerie. Entes, graffeur depuis 7 ans me confit humblement : « La fresque représente une mère et son fils venant d’un pays pauvre. Ils attendent le mari, le père qui est descendu à la mine. »

Danseuse FinishUne boucherie – charcuterie fait face à la fresque, l’artisan sort de son commerce contemplant la confection de ces graffeurs. « J’ai l’habitude c’est tous les deux ans, même si un jour cela ne m’a pas empêché de me manger un coup de poing ! J’avais surpris un groupe de minot entre 17 à 18 ans en train de vandaliser un camion près d’une fresque. J’ai accouru pour leur en dissuader, mais la réponse fut un coup qui m’a envoyé valser. Heureusement, qu’un client est venu à la rescousse ! ».

Sur un des murs, Monkey un barcelonais en va de sa propre interprétation de la France et de sa capitale. On y trouve des symboles de paris : la tour Eiffel et une multitude d’immeubles représentant la banlieue. Des personnages à l’allure très hip-hop sont en premier plan. « Le bonhomme de gauche est une taupe ! Cet animal creuse et vit sous terre, c’est une allégorie à ce courant : underground. On passe au classique blase comme l’espagnol Skount, à la fresque plus imagée ou l’univers éducolré d’Alex One. Le festival Kosmopolite est rythmé par : des fresques de rues, expositions, animations, danses… Des bombes éclatent à Bagnolet et c’est pour le plus grand bonheur des riverains.

Lansala Delcielo

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