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Des bulles, des planches et des coups de crayon. « L’évasion : Journal d’un condamné »… Le titre est équivoque, les dessins sont satiriques ! La bande dessinée sortie en 2012 relate les aléas du milieu carcéral d’après l’expérience de son auteur.
Berthet One, à 38 ans paye sa dette et laisse son empreinte sur les planches. Il met en scène son parcours, sa réinsertion avec en prime : le neuvième art. On suit le protagoniste, l’auteur dans ses déboires du quotidien. Les bulles sont remplies dans un style reprenant les codes du graffiti… Les cases sont quant à elles imprégnées dans la caricature nous rappelant ses influences : El diablo (Lascars) et le regretté Cabu. La BD évolue dans univers hip-hop où cohabite le second degré. Les thèmes s’enchaînent dans un ordre chronologique : qui suis-je, vivre ensemble, les fous… C’est une façon de mettre en lumière les différents acteurs de ses murs.
Avec « Coffre ou caler », Berthet nous explique que certains frôlent les interdits vis-à-vis des téléphones portables. Il y a différentes méthodes et elles nous entraînent dans des scènes cocasses… Le portable coffré dans son derrière pour passer l’étape des fouilles… comme il le mentionne fièrement : « Coffrer… C’est plus sûr… Mais… Faut être équipé pour !!! » Tout est une question d’argument ! Alors que caler c’est le poser entre les fesses.
Vive la liberthet, les frangins, mama
Août 2015 il récidive de plus belle ! Au lendemain de la vie, il y a la mort… Après la prison, « s’encre » la vie, la « liberthet » comme l’auteur aime si bien le définir. « L’évasion Tome 2 : vive la liberthet », le titre prend tout son sens puisqu’il s’agit cette fois-ci d’illustrer le quotidien après la case prison. Une fois n’est pas coutume avec cet album Berthet revient avec la même formule, mais en affichant différents thèmes : vive la liberthet, les frangins, mama…
Le parloir fantôme, il se met dans la peau de ces femmes de détenus qui joignent les deux bouts comme elles peuvent : les frais de l’avocat, les mandats, les allers-retours au parloir, s’occuper du foyer, travailler… Comme l’illustre Berthet, il arrive qu’un jour, elles ne se présentent plus au parloir. Un détenu réconforte son camarade : « Ta meuf n’est pas venue au parloir aujourd’hui ? Elle t’a fait un parloir fantôme ? »
Les tomes 1 & 2 sont un tantinet moralisateurs… On fait parler ces murs fermés sans les glorifier. Personne n’est épargné, tout le monde en prend pour son grade… L’auteur donne même dans l’autodérision pour ne pas échapper à ce jugement qu’il porte dans ses bandes dessinées. Ces BD s’inscrivent dans lignée du jeu : « qui est-ce » où l’on distingue les différents acteurs de ces prisons, ainsi que les séquelles et les perspectives qu’engendrent ces pénitenciers. Ces albums restent avant tout un message d’espoir où la réinsertion est mise en avant pour inciter les autres à suivre ses pas et dissuader les autres à longer ces murs.
Lansala Delcielo

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