photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

C’est à la Courneuve, dans la cité des 4000 que l’écrivain Sylvie Ohayon grandit. Cette Courneuvienne se découvre très tôt une passion pour les livres, au détour d’une bibliothèque que les jeunes surnomment Babcock, nom lié à la proximité de l’entreprise « Babcock & Wilcox ». Elle se lance dans des études littéraires et exerce parallèlement la danse aux côtés notamment de Kamel Ouali et de son professeur Nadiège Guitteaud. Ces deux amours se bousculent, les lettres, la danse, deux mondes si différents. Son engouement aux allures d’arabesque n’est pas envisageable dans sa culture juive tunisienne : « Mon grand-père m’a dit un jour, on a traversé la Méditerranée ce n’est pas pour tendre la main, ce n’est donc pas pour que ma petite fille lève la jambe ! »

La passionnée retourne donc à son premier flirt, les lettres. Subjuguée par une affiche publicitaire Kookaï, elle s’empresse d’aller trouver sa conseillère d’orientation, la diseuse de bonne aventure scolaire ! Elle l’oriente vers les sciences du langage pour faire concepteur rédacteur. « Elle m’a très mal orientée, j’aurai adoré faire les prépas littéraires khâgne, hypokhâgne ».

 

Cette amoureuse des mots récite des poèmes dans un club de poésie de Pigalle, pour donner libre recours à son admiration pour l’écriture. La banlieue n’est pas vraiment le berceau des rêveurs, la réalité coupe court à toute lubie. On ne peut pas incessamment rêvasser quand sa famille est dans le besoin. Le métier de concepteur rédacteur arrive comme un compromis idéal entre l’écriture et gagner sa vie raisonnablement.

Sylvie Ohayon entame une carrière dans la publicité, elle est notamment l’auteur d’accrochse telle que :« Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre » pour la compagnie Air France. Une réussite s’ensuit dans le monde où le slogan révolutionne l’image d’un produit.

Mais l’envie d’écrire est toujours présente. Sylvie Ohayon pond finalement « Papa was not a Rolling Stones ». Ce roman relate comment elle passe de la Courneuve, les 4000, aux beaux quartiers parisiens. Bien accueilli par la critique, le roman fut récompensé par le prix de « la Closerie des Lilas » 2011. Elle revient avec un second livre « Les Bourgeoises ». C’est le regard d’une banlieusarde sur un monde différent. Loin d’être un pamphlet amer le livre est apprécié par les lecteurs, mis à part quelques remarques du genre : « Petite sotte, qu’est-ce que vous croyez ? Vous pensiez que vous alliez faire partie des nôtres et comprendre notre rhétorique existentielle ! Vous n’y entendez rien ! Vous singez la bourgeoisie mais on ne devient pas bourgeoise, on l’est ou on ne l’est pas ! »

Ce mail n’entache pas les retours positifs des journalistes, des grandes bourgeoises ! Cette œuvre porte en son sein ce message : « Il faut apprendre à regarder avec ses yeux et non avec ceux des autres ». Sylvie Ohayon continue de vivre son rêve, s’épanouir dans l’écriture avec un 3e roman en route dont le titre reste encore un mystère !

 

 

Articles liés

  • « Je ne suis pas parisienne », le livre qui valorise (enfin) toutes les femmes

    Le 11 septembre dernier, Alice Pfeiffer a sorti son premier livre : Je ne suis pas parisienne. Avant même de savoir le sujet précis de l’essai, son titre piquait déjà notre curiosité. Adulée dans le monde entier, la Parisienne est un symbole de beauté, d’élégance et de culture : qui serait fière de ne pas correspondre à cette image ? L’autrice elle-même, visiblement – et elle vous encourage à faire de même.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 04/10/2019
  • Luc Pinto Barreto, « dealer de livres » à Saint-Denis

    Sur le parvis de la gare de Saint-Denis, trois fois par semaine, un stand détonne : celui de Luc Pinto Barreto, « dealer de livres » de son état. Le trentenaire a choisi de sortir les bouquins des murs des librairies et des bibliothèques pour les proposer, à la façon d'un vendeur ambulant, aux Dionysiens et Dionysiennes. Portrait.

    Par Nesrine Slaoui
    Le 01/10/2019
  • Souheila Yacoub, de corps et d’âme

    Ce lundi 23 septembre à 21 heures, Canal+ lance la série Les Sauvages. Avec Roschdy Zem dans le rôle du président de la République, cette série politique très attendue met en scène une flopée de jeunes visages issus de la diversité, parmi lesquels celui de Souheila Yacoub. Ancienne sportive de haut-niveau, ancienne Miss, aujourd'hui actrice talentueuse, Souheila n'a que 27 ans mais déjà une riche personnalité. Rencontre.

    Par Eugénie Costa
    Le 23/09/2019