photo de l'équipe du Bondy Blog

Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Le Bondy Blog a besoin de vous. Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

Au milieu de nulle part des bombes éclatent par centaines. « Ambiance scandale, danse des vandales, sent d’où vient la chaleur, gloire à la rue, DJ, Breakeur, Bboy, graffeur, Beatbox, jusqu’au bout art de rue… » Le programme est comme le rappait les mc’s natifs de Marseille, c’est-à-dire bien ‘encré’ dans le Hip-hop. 

emptyCe week-end de septembre, c’est autour du gymnase Albert Boële à Sainte-Geneviève-des-Bois (91) que l’association Art.11 (un collectif de graffeur) a lancé sa deuxième édition de festival indépendant. Ils débarquent avec un nom au brin provocateur, « l’art aux gants » en hommage à leur discipline. « La compétition fait partie du graffiti, tout le monde veut montrer qu’il est le meilleur… L’art aux gants, c’est la contraction du jeu de mot, de l’état d’esprit et de l’outil indispensable de tout graffeur : les gants » lance Red, l’un des cofondateurs du festival.

Les artistes viennent des quatre coins du globe, Allemagne, Australie, Angleterre, Belgique pour partager leur passion. Silence, concentration sous un soleil de plomb… N’en déplaise à la couche d’ozone, les graffeurs opèrent avec minutie sur les murs pour leur donner une seconde vie. Lettrages, graff, fresques s’exposent et reflètent la personnalité, l’univers des artistes sous l’œil des passants venus flâner en famille autour des oeuvres.

« On connaît le graffeur Red par le biais de mon fils. J’aime et je soutiens… Je travaille à Paris donc j’ai l’occasion de voir tous les murs de la capitale dès qu’il y a des évènements, je m’intéresse à l’art d’une manière générale ! » lance Fred, un quinquagénaire accompagné de son amie. « On est de l’Essonne, on a vu l’affiche du festival et nous étions curieuses de voir ce que cela donne. On est rentré dans le tag depuis le collège, en s’exerçant sur nos sacs, nos tables… J’étais influencé des groupes comme B19 qui laisse leur empreinte un peu partout sur les voies ferrées, ça m’a donné envie de franchir le cap » livre Dawoa, une jeune accompagnée de ses copines.

« Plus le temps passe plus le graff à tendance à se faire avaler, absorber par cette étiquette : le street art. On ne veut pas perdre nos codes et notre identité dans l’optique de plaire à la masse. Le festival à pour but de rendre accessible le graff sans pour autant l’amputer de tout ce qui fait son charme ».

Lansala Delcielo

Articles liés

  • « Je ne suis pas parisienne », le livre qui valorise (enfin) toutes les femmes

    Le 11 septembre dernier, Alice Pfeiffer a sorti son premier livre : Je ne suis pas parisienne. Avant même de savoir le sujet précis de l’essai, son titre piquait déjà notre curiosité. Adulée dans le monde entier, la Parisienne est un symbole de beauté, d’élégance et de culture : qui serait fière de ne pas correspondre à cette image ? L’autrice elle-même, visiblement – et elle vous encourage à faire de même.

    Par Sylsphée Bertili
    Le 04/10/2019
  • Luc Pinto Barreto, « dealer de livres » à Saint-Denis

    Sur le parvis de la gare de Saint-Denis, trois fois par semaine, un stand détonne : celui de Luc Pinto Barreto, « dealer de livres » de son état. Le trentenaire a choisi de sortir les bouquins des murs des librairies et des bibliothèques pour les proposer, à la façon d'un vendeur ambulant, aux Dionysiens et Dionysiennes. Portrait.

    Par Nesrine Slaoui
    Le 01/10/2019
  • Souheila Yacoub, de corps et d’âme

    Ce lundi 23 septembre à 21 heures, Canal+ lance la série Les Sauvages. Avec Roschdy Zem dans le rôle du président de la République, cette série politique très attendue met en scène une flopée de jeunes visages issus de la diversité, parmi lesquels celui de Souheila Yacoub. Ancienne sportive de haut-niveau, ancienne Miss, aujourd'hui actrice talentueuse, Souheila n'a que 27 ans mais déjà une riche personnalité. Rencontre.

    Par Eugénie Costa
    Le 23/09/2019