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Manu et Alfro sont rédacteurs chez comicsblog.fr. Ils étaient présents au salon Comic Con’ Paris, jumelé avec Japan Expo, qui s’est tenu au mois de juillet. Interview de super-héros.

Avec 650 millions de dollars de recettes, Man of steel occupe actuellement la cinquième place du box-office 2013. Loin, très loin du super-héros qui a le plus la côte en ce moment : Iron Man. Le troisième opus de la saga est l’un des cinq films les plus vus au cinéma de tous les temps. Batman Begins, sorti en salles il y a déjà huit ans, a assuré à TF1 25% de part d’audience mardi dernier. Comment expliquer un tel engouement pour les super-héros ?

A t-on besoin des super-héros ?

Alfro : On a toujours besoin de super-héros. Dans l’antiquité c’étaient les héros mythologiques, ensuite il y a eu la chanson de geste avec les mecs comme Roland et maintenant ce sont les super-héros.
Manu : Pour moi c’est un symbole d’espoir, un idéal. En ce moment, on devient tous de plus en plus pessimiste et c’est un moyen de s’évader.

Sont-ils les mêmes qu’il y a 40 ans ?

M : Il y a 40 ans, le super-héros était un mec impeccable, intouchable, qui gagnait tout le temps et ne tuait pas souvent.
A : Il ne réglait pas les problèmes de la vie quotidienne. C’était surtout les aliens, les magiciens, etc…
M : Aujourd’hui c’est beaucoup plus ancré dans la réalité. Il y a beaucoup de morts dans les comics. Les mecs ont de vrais failles. Ils sont alcooliques et imbus d’eux-même. On est loin du Superman un peu « poulpe ». Les héros ont tendance à évoluer avec leur temps. Après ça donne des dérives comme Man of Steel où Superman ne représente pas l’image du héros qu’il devrait avoir.

Le super-américain est-il meilleur que le super-héros européen ?

À part les auteurs anglais, les auteurs européens essayent de copier les super-héros américains. Les auteurs anglais sont les premiers à avoir créé des super-héros modernes, dotés de vrais failles et qui peuvent mal tourner. On le voit avec Watchmen. Ce sont d’anciens super-héros tombés dans la désuétude, aux méthodes violentes et pragmatiques jusqu’à l’extrême.

Quelles valeurs véhiculent-ils ?

A : Ça dépend. Il y en a certains du style : « Soyez tous gentils, soyez tous heureux, aimez-vous les uns les autres. » Il y a ceux qui sont assez intransigeants, les radicaux qui vont tuer les vilains. Pour moi, la vraie version du super-héros, c’est l’esprit Golden Age (les années 1940-1950), un idéal à atteindre et un symbole d’espoir.
M : Les super-héros américains véhiculent toujours un certain patriotisme. Cependant, le côté « on est les meilleurs » est de moins en moins présent. Il y a un aspect désillusionné.
A : Il y a deux ou trois ans, un scandale a éclaté dans le monde des comics quand Superman a abandonné sa nationalité américaine, prétextant qu’il était un héros universel. Les Américaine n’ont pas apprécié car pour eux c’est leur symbole.

Est-ce que les super-héros servent d’exemple ?

A : Oui et non. Justement, le côté « vigilant » désigne le justicier qui fait justice de sa propre initiative. Je pense qu’il y a un peu l’esprit « milice américaine »: les civils vont faire régner la loi dans les rues. Les forces de l’ordre sont là pour ça. Ce côté-là est un peu discutable.
M : Il y a ceux qu’on appelle les « real life heroes ».
A : Ce sont des gens qui sont super-héros dans la vraie vie. Ils s’habillent comme tel et essayent de combattre le crime.
M : Mais ils ont du mal à savoir ce qu’ils peuvent faire en tant que gens non-mandatés par la loi. Ils ont une vraie volonté d’aider : ils apportent de la nourriture aux sans-abris etc… mais des fois ils vont gazer un mec qui ne le méritait pas. C’est compliqué de se dire protecteur et justicier quand tu n’as pas le droit de le faire.

Votre super-héros idéal ?

A : C’est dur « idéal ». Pour moi le meilleur c’est Batman mais il est loin d’être idéal. C’est un grand névrosé (rires).
M : Pour moi c’est Spider-Man car il met sa vie en danger pour aider et s’arrange toujours pour que les choses aillent pour le mieux pour tout le monde, au détriment de ses propres intérêts.

Olufemi Ajayi

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