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Au Grand Palais se tient une exposition en hommage au photographe Seydou Keita. On explore le coup d’œil et la technique via les œuvres du portraitiste malien, jusqu’au 11 juillet 2016.

En plein cœur du premier grand weekend de mai, le soleil était au rendez-vous. À deux pas des Champs, alors que les oiseaux chantent déjà sous les premières lueurs de l’été, se tient un rendez-vous avec l’Afrique. Du 31 mars au 11 juillet le photographe malien Seydou Keita (1921-2001) est à l’honneur au Grand Palais alors qu’il y a moins d’un mois l’un de ses cadets, le photographe Malik Sidibé (1936-2016) venait de s’éteindre.

IMG_6052Dans une grande pièce lumineuse, les gens marchent en file indienne à l’affût de ces grands murs blancs où reposent des instants de vie figés, des bouts d’espoirs magnifiés, s’arrêtant parfois tout en souriant avec les yeux, commentant avec la tête dans ce chemin de croix artistique de ce photographe-portraitiste.

IMG_6051Parmi les gens qui défilaient dans cette annexe du Bamako culturel, deux jeunes femmes cassent le charme rythmique de ce lieu et vont à contresens. Émerveillées par les clichés, elles avancent avec ces mêmes étincelles dans les yeux. « J’ai découvert l’exposition par le biais d’amis, j’aime la photo j’ai eu de bons échos donc je suis venu… » se défend l’une, tandis que l’autre plus timide : « moi je ne viens pas du tout de Paris, je suis venu rendre visite à mon ami qui a dit allons voire cette expo ». Elles restent surprises par la qualité des prises de vue, car elles donnent l’impression d’être en phase avec les modèles… La mise en scène épurée ne fait pas l’unanimité, elles sont plutôt adeptes des photos plus spontanées. Des couples, des amies, des gens seuls…

IMG_6044Même des familles se bousculent pour un Paris-Bamako à moindre coût. Ces deux jeunes là inexpressifs, insensibles… La surconsommation d’art semble griller les capteurs des globes oculaires. On apprend que Seydou Keita a fait ses premières armes en 1935 avec un Kodack Brownie que lui avait offert son oncle… Ce cadeau allume la mèche de sa passion, cet autodidacte se familiarise aussitôt avec son appareil avec les conseils de son voisin, le photographe Mountaga Dembélé. Bien plus tard la parcelle familiale va être à la fois son lieu de vie et son studio photo.

seydou_keita_16Un studio qui va devenir une réelle attraction où le tout-Bamako se bousculait pour se faire immortaliser par le maître photographe. « Il y avait beaucoup d’animation autour de mon studio, il y avait tout le temps du monde, c’était un lieu de rendez-vous et de palabre ; je travaillais tout le temps » confiait l’artiste. Une chose est sûre, l’exposition est à voir, car les souvenirs prennent vie et l’histoire d’un peuple s’illustre avec brio.

Lansala Delcielo

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