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Dans le cadre de l’automne Marocain à Paris, l’Institut des Cultures d’Islam, dans le quartier de la Goutte d’or, organise une exposition d’artistes marocains. L’occasion pour le public de découvrir, jusqu’au 21 décembre, de nouvelles formes d’expression émergentes dans le pays.

18 heures, au 56 rue Stéphenson, dans le 18ième arrondissement Parisen, l’exposition commence et se dessine sous les traits d’une visite guidée. C’est un jeu de piste que le président du lieu, Jamel Oubechou, a décidé d’organiser entre les deux bâtisses de l’ICI (Institut des Cultures de l’Islam). Après un prompt discours d’inauguration sur les motivations de l’exposition, tout le monde le suit d’un seul homme.

emptyLe concept est simple et ludique, digne d’un chemin de croix artistique, à chaque série d’œuvres le président présente l’artiste et son travail. Khalil Nemmaoui est le premier artiste à se distinguer dans cette configuration dans un discours clair et synthétique. « C’est une façon pour moi de montrer une vision interne du Maroc. Toutes les images que l’on connaît depuis la nuit des temps sont des images faites par les Occidentaux. Ils viennent au Maroc et ils font des images avec cette espèce de fantasme que nous ne voyons plus » confie l’artiste.

casa-khouya-300x225-1Il présente sa première série de photo intitulée : « l’Arbre de la maison ». Les photos sont un brin poétique et présentent avec subtilité la dualité entre la nature et l’homme, la végétation et le bâti. La deuxième série de photo « Casa Khaouya », illustre le silence de Casablanca. « Casablanca est une ville où il y a du monde, beaucoup de bruit et énormément de voitures au quotidien. Il n’y a qu’un moment dans l’année, 10 minutes par jour, par mois où il y a absolument personne… C’est à la rupture du jeune, pendant le mois du ramadan. C’est complètement exceptionnel ! C’est un mélange entre le luxe d’être tout seul et il y a ce sentiment d’insécurité, de peur, car on n’est pas censé être là, on est censé être à table » rajoute-t-il avec aplomb.

Des passantes s’arrêtent devant les clichés de l’artiste, elles contemplent la série de photo l’air intrigué. Elles partent, puis reviennent pour s’assurer une deuxième fois de ce qu’elles viennent de voir. « Je m’intéresse particulièrement à l’art venant d’artistes maghrébins et des pays arabo-musulmans. J’ai eu vent de cet événement, car je connais des artistes qui exposent. Les photos de Khalil Nemmaoui sont intéressantes, car elles reflètent bien le thème ‘identités’. Ces paysages me rappellent beaucoup chez moi, l’Algérie, ce pays qui est entre désuétude et reconstruction » livre Sarah, passionnée d’art.bircages 2

La visite se poursuit. La plasticienne Jamila Lamrani nous est présentée. Cette artiste timide, discrète, revient sur son œuvre « Birdcages ». Comme son nom l’indique, l’artiste enferme dans une cage à oiseau des robes de poupées et d’autres objets divers. « Dans mon travail, il y a toujours ce côté enfantin qui est omniprésent. J’essaye de le caresser, de le ouater pour ne pas qu’il s’échappe. Ce sont des objets enfermés qui viennent de mon plus jeune âge pour ne pas perdre mon âme d’enfance, l’innocence » explique l’artiste à demi-mot.

La visite se poursuit avec Hicham Benohoud, un homme plein d’humour. Cet artiste présente sa série de photo « Ânes situ », un détournement de l’intérieur marocain. « J’ai voulu faire un travail en in situ en allant chez les gens et en ne changeant rien à leur décoration. Dans cette configuration j’invite un animal, en l’occurrence : l’âne, d’où le jeu de mots, ânes situ. Je vis actuellement à âneCasablanca, je trouve inimaginable que dans la ville qui incarne la modernité on y trouve des ânes. J’utilise des éléments qui sont censés être à l’intérieur des magasins (les parpaings, les briques…). Les revendeurs les étalent sur le trottoir à même le sol. Il y a une confusion entre l’intérieur et l’extérieur quand on se balade dans cette grande ville. Avec ma série de clichés, je voulais accentuer ce phénomène en invitant l’âne dans le salon » conclut le plasticien.

La visite, le tourisme à la rencontre d’artiste marocain continue entre les deux bâtiments de l’ICI, rue Stéphenson et rue Léon. Chacun apporte sa dimension, sa pierre à l’édifice au thème « identités » et finalement, avec cette exposition, laisser une œuvre collective à l’image de l’art contemporain marocain.

Lansala Delcielo

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