Derniers articles

  • « En Tunisie, la rue a créé ses propres journalistes »

    « C'est en Roumanie que le peuple a inventé le mythe de Dracula », raconte Moez, journaliste à la radio tunisienne Kalima. « A l'époque, le vampire suceur de sang représentait les dirigeants qui prenaient tout au peuple. Dans le mythe, Dracula meurt à la lumière du jour. Pour moi cette lumière c'est les médias. C'est la lumière apportée par le journaliste pour dire la vérité. » Lorsqu'il rapporte cette histoire, son sourire en coin laisse échapper une fossette. Il a le visage marqué non par le temps, mais par la vie. Son œil cligne de temps en temps mais son regard dégage une impression particulière. Intense. Mystérieuse.

    Par Widad Ketfi
    Le 19/04/2011
  • Et la Miss Berbère France 2011 est…

    Je préfère croquer une grenade dégoupillée plutôt que ma mère apprenne que j’ai assisté à  l’élection de Miss Berbère 2011. Si elle sait que je suis allé à la cérémonie sans demander une des candidates en mariage, elle va me faire ma boum, façon kabyle, Sophie Marceau remplacée par un couteau de cuisine entre ses dents. Et croyez-moi, elle va viser la tête. Alors motus, amis lecteurs. La stratégie de toute une vie est en péril, celle dite de « mon fils est gay ».

    Par Idir Hocini
    Le 19/04/2011
  • Dans la Syrie de Bachar el-Assad, « rempart contre l’Occident »

    Jeudi 31 mars, 15h15. Aéroport de Damas, en provenance du Caire. Contrôle. Un policier fait du zèle. Il me renvoie deux fois vers le préposé aux visas avant de me coller son fichu tampon sur mon passeport. 15h45. En route vers la capitale à bord d’un taxi illégal. Le chauffeur, en mode automatique : « Il n’y a pas de protestations ici. Tout va bien, la Syrie est un pays agréable, les gens sont très accueillants et gentils. Juste il y a eu quelques perturbateurs qui ont été calmés. » Sur la route, nombre impressionnant de portraits de Bachar el-Assad, en tenue militaire, le regard fixant l’horizon, lunettes de soleil sur le nez (il est ophtalmo de formation, sic). Garde la pêche, ouais !

    Par Bondy Blog
    Le 18/04/2011
  • 2011, année de l’Outre-mer au goût amer

    Tout a débuté dans l’archipel des petites Antilles et plus précisément en Guadeloupe. La contestation des prix élevés de l'essence est l'évènement déclencheur. Les pionniers de ce mouvement sont un collectif d’organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles appelé le LKP ("Collectif contre l'exploitation outrancière"). Ce regroupement a pour objectif de « construire une société neuve afin de sortir de la domination et l’exploitation des capitalistes et des colonialistes ». Il a connu un succès retentissant pour son engagement et ses revendications allant de l’éducation à la culture, en passant par l’emploi et l’arrêt de la profitation (terme créole qui désigne l'excès ou le monopole) : les malversations financières, l’abus de pouvoir des classes aisées, le non respect des lois, du code du travail et l'application de la justice.

    Par Bondy Blog
    Le 14/04/2011
  • Salim, Franco-Algérien prisonnier à vie en Algérie

    Parti en vacances en 2008 en Algérie, Salim B., Français d’origine algérienne, 30 ans, a tenté de rentrer en France avec 140 kilos de résine de cannabis à bord de son véhicule. Crédule ou intrépide, il a été appréhendé et immédiatement incarcéré en août de cette année-là à la maison d’arrêt d’Oran. Jugé en janvier 2010, le verdict est cinglant : réclusion à perpétuité. Il a fait appel de la décision, a demandé un pourvoi en cassation, mais rien n’y a fait, la sentence a été maintenue : c’est la prison à vie pour Salim. Une peine démesurée par rapport à l’infraction commise. Mais telles sont les peines applicables pour ce genre de délits en Algérie.

    Par Bondy Blog
    Le 13/04/2011
  • Amira, le charme combatif d’une jeune Tunisienne engagée

    Une tête bien pleine et bien faite. L’actrice et danseuse Amira Chebli, une vingtaine d'années et un diplôme de beaux-arts en poche, a pris les destinées de sa jeune carrière. Elle mène un projet de fusion entre danse contemporaine et danse orientale, joue dans deux longs-métrages et deux courts-métrages. Durant ses études, elle siégeait au conseil scientifique de l'Union générale des étudiants tunisiens (UGET). Une assemblée considérée depuis Bourguiba comme opposition officielle.

    Par Widad Ketfi
    Le 12/04/2011
  • Clichy-sous-Bois, Neukölln : ni tout à fait mêmes, ni tout à fait autres

    2005, les banlieues s’embrasent, la France ne peut plus fermer les yeux devant la situation des quartiers populaires. 2006, quelques mois plus tard, c’est l’Allemagne qui se découvre un quartier sensible, un Brennpunkt (littéralement, un point brûlant). Dans le quartier de Neukölln, l’école Rütli fait alors l’actualité et déclenche un grand débat politique. Tout part d’une lettre des professeurs de cette école qui décrivent une situation ingérable et déclarent ne plus pouvoir rien faire contre le fléau de l’échec scolaire qui les frappe plus qu’ailleurs. Ils demandent même la fermeture de l’école.

    Par Joanna Yakin
    Le 08/04/2011
  • Se souvenir des massacres de 1947 contre le peuple malgache

    29 mars 1947. Une date sombre pour l’Ile Rouge, celle de la répression coloniale française. Odeurs de sang, d’excréments et de poudre : des dizaines de milliers de morts à partir de ce jour-là jusqu’à la fin de 1948. 89 000 selon un rapport de l’état-major français en 1949. Un chiffre ramené à 40 000 morts environ depuis par plusieurs historiens. Jean-Luc Raharimanana, écrivain et auteur de « Madagascar 1947 » est à l’origine de l’exposition « 47, Portraits d’insurgés » qui se tient jusqu’au 5 avril à l’Université de Nanterre. Pour ne pas oublier ce qui n’a qu’un nom : un terrible massacre. Madagascar c’était la France et le gouvernement français avait ordonné une répression féroce pour « mater » une insurrection des « indigènes » contre l’« occupant ».

    Par Bondy Blog
    Le 31/03/2011
  • L’islam dans l’après-Moubarak : chaud débat à Alexandrie

    Après 2h30 de train en provenance du Caire, voici Alexandrie. Sur le bord de mer, au soleil couchant, des jeunes couples bras-dessus, bras-dessous, se promènent, s’enlacent, échangent des douceurs au creux de l’oreille dans le vent qui balaie le voile des amoureuses. On se croirait dans un clip de chanteur sentimental en vogue. Le paysage est idyllique, apaisant. A quelques mètres de là, à la Bibliothèque d’Alexandrie, se déroule une conférence-débat qui promet d’être plus électrique.

    Par Bondy Blog
    Le 28/03/2011