Derniers articles
-
T’as le permis ? Non, mais j’ai une voiture
Paris. Perdue entre le carrefour de l’Opéra, j’aperçois une jeune femme au volant d’un véhicule pas comme les autres : une voiture sans permis. Prudente, elle ralentit pour me laisser traverser. J’en profite pour lui demander son avis sur la conduite, « c’est une citadine très pratique, surtout dans un quartier de Paris comme celui-ci ! » répond-elle, avant de repartir de plus belle, direction le boulevard Haussmann.
-
Fatous : la mauvaise réputation
Le racisme, dans ma génération, on n’en parle que très peu. C’est quelque chose qui vient de très loin, qui serait uniquement le fait de certains Blancs. Or, une forme de racisme provient de nous-mêmes. Nous qui sommes tous français ou presque et qui, pourtant, nous décrivons en tant que Noirs, Arabes ou Asiatiques. Nous et nos expressions qui nous stigmatisent. Nous et nos a priori qui nous rabaissent. Nous et nos idées parfois arrêtées, qui nous empêchent de nous considérer en tant qu'égaux.
-
Ramadan : « Les journées sont interminables »
« L’orgie de bouffe » prévue à l’aube par Chérif n’aura finalement pas eu lieu. Même pas un peu d’eau pour prévenir la soif, ennemie redoutable du jeûneur en période de forte chaleur, comme c’est le cas aujourd’hui à Poissy, dans les Yvelines, où vit Chérif. Il a ouvert les yeux vers 6h30 du matin, soit plus de deux heures après la limite imposée par les premières lueurs du jour pour faire le plein. Il commence donc sa journée d’abstinence la gorge sèche et l’estomac complètement vide.
-
« Je ne fais pas le ramadan »
«Ce pays n’est pas un pays laïc». Elle n’a pas l’habitude de s’agacer. «Où est notre liberté ?» Elle n’a pas l’habitude de dire les choses. Mais aujourd’hui, elle les dit. Parce qu’elle en a assez du silence. Au départ, on parle d’un film, d’un livre, d’Internet qu’elle paye 2250 dinars par mois (22 euros). Des choses de la vie. Et la conversation s’emballe.
-
A 14 ans, si t’as pas Facebook, « t’es hors line »
Pourquoi aimez-vous Facebook ? Shannon : Facebook c’est le must ! Si tu l’as pas t’es hors line. Avant c’était MSN maintenant c’est Facebook. Tout tourne autour de ça. Avoir des amis, des messages, des dédicaces sur son mur, des commentaires, des clips et des vidéos. On aime les groupes les plus drôles, les photos les plus belles et les citations les plus touchantes. C’est un effet de mode. Qui sait, peut-être que dans deux ans plus personne ne se connectera, mais pour l’instant je suis le mouvement.
-
Je l’aime tellement que je la déteste
C’est la plus longue relation que j’ai eue. Au tout début, elle ne me plaisait pas tellement, elle ne sentait pas très bon mais seul son teint métis lui donnait une fière allure. Tous mes aînés étaient déjà tombés amoureux d’elle, tous, sans exception. Puis un jour, j’ai succombé à son charme, c’était la première fois que je lui offrais mes lèvres. Depuis cet instant, une relation tumultueuse s’est installée en elle et moi. Je l’aime tellement que je la déteste.
-
Trafics de drogue : la loi du silence commence à se briser
« Si ta grande sœur fait un article sur nous, on la défonce. » C’est ce qu’un petit garçon de onze ans a dit à ma petite sœur. Entre deux parties de billes, dans la cour de récré. Ce « Nous » dont parle le petit garçon, ce sont les « jeunes » de la cité. Ceux qui occupent la rue, en bas de chez moi, depuis de nombreuses années. Cagoulés, habillés en noir, on dirait des ninjas. C’est peut-être pour ça que des gamins prennent exemple sur eux, peut-être pour ça que ces jeunes sont des modèles. Ils leur rappellent leurs héros de dessins animés favoris, des héros dont l’ennemi est la police.
-
Sophie, un mari en prison, trois enfants : l’épreuve
Sophie est une femme brisée et battante à la fois. Depuis l’incarcération de son époux pour détention de stupéfiants (1 kilo de cocaïne), il y a 18 mois, sa vie est devenue un cauchemar. Cette femme de 33 ans, mère de trois enfants a dû faire face à de nombreuses difficultés le jour où son époux s’est retrouvé derrière les barreaux. Convoquée chez les policiers, mise sur écoute téléphonique, compte épluché, cela n’est rien à côté de ce qui l’attendait.
-
Carte postale d’un Paris inconnu
Contrairement au colonel de Garcia Márquez, j'ai reçu des lettres. Des cartes postales même. Une par semaine, parfois plus, envoyées par mes amis partis en voyage. Je reste dans ma ville et cette année, j'ai pris une décision : prendre des photos de Paris et les envoyer comme des cartes postales.
