Derniers articles

  • La semaine de Faïza

    SAMEDI. La vie me déteste, je suis vieille et je vais mourir de fatigue. C'est à peu près les pensées joyeuses qui m'assaillent ce samedi matin. La raison ? Je me réveille le cou et le dos bloqués. Banal mais gênant, surtout quand on a des velléités de vie sociale. J'en identifie la cause assez facilement. Une tendance à dormir n'importe comment, comme si j'avais la souplesse d'un enfant chinois du Cirque de Pékin. Sinon l'hypothèse de la poupée vaudou est aussi séduisante et me donne l'impression d'avoir beaucoup d'ennemis, mon côté paranoïaque de dictateur refoulé.

    Par Faïza Zerouala
    Le 13/11/2010
  • Nos jours heureux

    Depuis ma naissance, je me réveille banlieue, je respire banlieue, je m’endors banlieue. A 6 ans, maman m’a laissée sortir en bas de ma tour pour la première fois sans elle. J’étais équipée de mes rollers. Je ne les quittais plus. Mais impossible de m’éloigner, le garde-chiourme maternel me surveillait depuis sa fenêtre. On courait dans tous les sens, on jouait à la chasse à l’homme, à la balle au prisonnier, à chat couleur... Que de beaux souvenirs.

    Par Inès El laboudy
    Le 12/11/2010
  • « Oh non, s’il vous plaît, je veux aller à Fleury-Mérogis »

    Comparutions immédiates au Tribunal de Bobigny, mercredi 27 octobre, aux alentours de 16 heures. Les juges de la 17e Chambre correctionnelle entrent dans la salle d'audience. L'assistance se lève. La présidente appelle le dossier numéro 6. Djamel B., escorté par trois gendarmes est conduit au box des accusés. Démenotté, il s'assied sur le banc. Pantalon trop grand pour sa taille, crâne rasé, visage souriant, il se lève lorsque la présidente lui demande s'il souhaite être jugé « maintenant ». Il hésite un instant, opte pour un jugement immédiat.

    Par Melissa Barberis
    Le 12/11/2010
  • Un Noir ça court pas les vignes

    Un hôtel parisien, à deux pas de la Place de la République. Dehors, c'est le tohu-bohu des grèves et manifs contre la réforme des retraites, désormais votée au parlement. J’y rencontre, au calme, Dave Tshiainiun, un jeune homme de 21 ans qui m’explique son aventure. Fervent amateur de football, il souhaitait intégrer un centre de formation mais très vite une autre passion a pris le dessus. Depuis l’âge de 10 ans, Dave se rend régulièrement à Epernay, capitale du Champagne, accompagné de ses parents pour y visiter les vignobles de la région. Il participe aux vendanges, un travail qui ne lui laisse pas de mauvais souvenirs.

    Par Bondy Blog
    Le 11/11/2010
  • Sous le mascara coule Eva

    Je m’appelle Eva, je suis née le 8 avril 1994 à Villemomble (93), j’ai donc 16 ans. Je sais que personne n’est intéressé par mon état-civil, mais je suis obligée de vous raconter ma vie en quelques lignes. Je commence donc par l’essentiel. C’est pour rendre service à ma copine Sarah. Elle est en galère parce qu’elle voulait écrire une fiction pour un blog. Pas un Skyblog où les filles se prennent en photos en pensant qu’elles ressemblent à Shakira, mais un blog sérieux, je ne sais plus comment il s’appelle, je crois que c’est Bondy… quelque chose. Elle me l’a pourtant rappelé il n'y a pas si longtemps, mais j’ai la mémoire courte, en même temps je suis blonde… Olala j’exagère. Je n’aime pas qu’on me traite de « blonde », or voilà je me discrimine moi-même !

    Par Sarah Ichou
    Le 10/11/2010
  • Les discriminations territoriales n’existent pas en droit ! Ah bon ?

    La question des discriminations territoriales peut sembler être un débat de juristes ou de spécialistes. En réalité, elle est très concrète car elle se résume à une seule question : peut-on subir une discrimination, aujourd’hui en France, du fait de son lieu de résidence ? En clair, peut-on vous refuser un emploi, un logement, une formation, l’accès aux soins, à la culture ou à tout autre service parce que vous habitez dans une ville qui a, comme disait Brassens, « mauvaise réputation » ?

    Par Bondy Blog
    Le 10/11/2010
  • Je n’ai jamais mis les pieds en banlieue

    Je n'ai jamais mis les pieds en banlieue. Devant mon écran, au boulot, j'imagine des choses... Je me lève de ce lit grinçant, les ressorts doivent avoir une décennie bien tassée. La peinture orangée est complètement esquintée. Le lino est plein de tâches incrustées. Je sors sur le palier. Personne. Quelques « boum boum » dans l'appartement voisin. Je ne suis donc pas seule. Je m'engage dans le couloir sombre, dans mon pyjama de coton ridicule. Mes grosses pantoufles Tweety menacent de me mettre à terre.

    Par Bondy Blog
    Le 09/11/2010
  • J’ai beau aller à la mosquée, un Bondynois partage pas son curé

    Quand j’étais petit, je détestais Paris. J’étais trop bien à Bondy, dans ma petite cité SNCF à deux pas d’une savane, qui deviendrait plus tard un grand parc, où tous les enfants des immigrés, et les autres, s’amusaient comme des petits fous. Paris, c’était trop la pauvreté de la misère qui fait peur : façades d’immeubles noires, rues super sales et des bistrots kabyles à foison où on ne pouvait commander qu’un diabolo-menthe ou un café. Et que dire de ce métro glauque et bruyant qui passait toutes les cinq minutes sur ce pont en métal gris, bouchant l’horizon au-dessus de la rue ! Quand papa m’amenait à Paris je n’avais qu’une envie : rentrer à la cité.

    Par Idir Hocini
    Le 09/11/2010
  • La mentalité sénégalaise est entrée en lui

    En ces soirs d’automne, des scènes se répètent, ces corps parfumés, dégoulinant de sueur, collés les uns aux les autres. Non, je ne suis pas en train de vous décrire une scène d’amour mais bien les wagons du RER E, aux heures de pointe. Vous n’êtes pas sans savoir qu’en ces jours de grève et de combat social que nous venons de traversés, le populo s’entasse dans les transports publics. Cette hyper-proximité est propice aux rencontres surprenantes, qui égaient notre voyage.

    Par Bondy Blog
    Le 08/11/2010