Derniers articles
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Le vélo en banlieue : quelques freins et préjugés
La bruine colle aux cheveux en cette fraîche matinée du jeudi 4 novembre. Sur l’avenue Paul Vaillant-Couturier pleine de commerces, l’un d’eux vend des bicyclettes. Son nom : Vélo Espace 93. Le propriétaire, Jean-Jacques (photo), 52 ans, ancien compétiteur, yeux pétillants, maintien d’athlète, m’accueille avec gentillesse à l’ouverture de son magasin. Les « engins » vendus ici vont du classique au futuriste. L’évolution de la bicyclette, depuis l’ancienne Draisienne, a quelque chose de celle de l’homme…
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La semaine de Faïza
SAMEDI. La différence fondamentale entre les hommes et les femmes tient à peu de choses. La capacité à s'émerveiller devant vingt-deux types qui courent derrière un ballon, à trouver que la Barbie qui anime la Roue de la fortune dégage un charme naturel, à s'adonner aux jeux vidéos, à fantasmer sur un échange de balles lors d'un match de ping-pong. Il est vrai que si j'avais été Scarlett Johanson et que Jonathan Rhys-Meyers m'avait appris à jouer comme dans « Match Point » j'aurais peut-être mieux saisi l'intérêt du jeu. C'est facile de se moquer, les filles peuvent aussi avoir des centres d'intérêts disons relatifs.
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Ma banlieue était devenue trop étroite pour moi
J'ai été élevée dans une petite ville ouvrière de province proche de Paris. Une ville sinistrée par de nombreuses fermetures d'usines. D'abord, j'ai vécu dans une résidence privée avec un terrain de tennis, deux rangées de peupliers d'Italie qui formaient un joli couloir de verdure. On était parmi les rares Maghrébins du quartier. On côtoyait des profs, des policiers, des ouvriers, des jockeys, des secrétaires. Bref ! Une vraie mixité sociale.
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La femme de chambre est un homme
Trois heures du matin, l’avion atterrit à l’aéroport d’Hurgadha. Il fait chaud en ce mois d’octobre. La chaleur en plein automne, c’est ce que viennent chercher les touristes de cette ville située au sud du Canal de Suez, à six heures de route du Caire. L’Ile Paradise, les magnifiques sites de plongée, la traversée du désert en pleine nuit, la chicha pomme d’Adam… Tout un programme.
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« Ne pas parler du racisme anti-blanc : un déni de réalité »
« Au collège, il y a beaucoup de violence. Mais si tu es français de souche, alors cette violence est plus souvent dirigée contre toi. » Guillaume est élève dans un collège ZEP de Pierrefitte-sur-Seine. Il se plaint de l’intolérance de certains de ses camarades qui, dit-il, manifestent une agressivité envers lui en raison de son appartenance à « l’ethnie française ». Maintenant qu’il est en troisième, il dit être moins victime de violence verbale que dans les classes précédentes : « Je n’ai pas tellement vécu ce racisme lorsque j’étais en primaire même si c’est déjà arrivé. Mais dès mon entrée en sixième, j’y ai tout de suite été confronté, presque quotidiennement. »
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Rocky ! Au iep !
Je suis Rocky. Rocky le pitbull. Je n’aime pas mon nom, mais je n’y peux rien. Quand on m’appelle je ne réponds pas, je fais de la résistance. J’aurais voulu m’appeler Oscar ou César. Les autres se moquent de moi et m’appellent Rambo ou Oncle Ben. Qu’ils sont bêtes ! J’habite en banlieue chez les parents de Johnny. Ils me tolèrent à peine et menacent de me jeter dehors. Alors Johnny s’énerve et menace de ne plus les voir. Et moi je vis dans la peur de me retrouver un jour à la SPA. Mon moment préféré, c’est le soir, quand il se met sur son lit pour réviser ses cours de psycho. On reste ensemble, en silence. On se comprend sans rien se dire. Et là toutes mes angoisses disparaissent.
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J’ai réussi à partir, à me sauver
Quitter la banlieue était devenu une obsession. Pourtant, je n'y étais installé que depuis trois mois. C'était à cause de cette satanée impression de mourir dès le lever du soleil. A force de se coucher les yeux rougis en attendant l'aube morose. Je n'avais ni le langage ni la posture pour m'en sortir, dans cette enclave. J'avais peur de tout et de tous. Je n'étais pas dans le moule. Je ne lui rendais jamais le bonjour par sympathie ou par politesse mais par obligation.
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Je suis fière de dire que je suis une jeune de banlieue
Une photo à l'entrée de chez moi me rappelle à quel point Clichy-sous-Bois était une ville agréablement calme et fleurie. Ma famille s'y est installée dans les années 1970. Avec un brin de nostalgie, ma mère me décrit ce jour d'automne où la photo a été prise. Une ville étrangement tranquille et verdoyante avec d'immenses pelouses. Une ville endormie qui s'éveille à la sortie des écoles. Quand elle m'en parle, j'ai l'impression d'une bourgade paisible à la Westeria Lane, avec, seule différence, des tours de ciments à la place des maisons.
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Notre banlieue est suspendue à un fil. Et ce fil se tend
Un homme. On le connaît pas. Mais lui, il nous connaît. Il connaît nos noms. Il sait qu'on habite en banlieue : « Ah non, mais quelle chance ! La banlieue, c'est vraiment exceptionnel ! J'y ai tourné un clip publicitaire il y a quelques jours. Quelle solidarité entre voisins. Waouh ! » Une femme. On la connaît pas vraiment. Elle ne nous connaît pas vraiment non plus. On se présente. Elle habite pas loin, dans Paris, à quelques stations de métro de chez nous. On lui dit qu'on habite Saint-Ouen et La Courneuve : « Ah, pauvres garçons... Pas trop durs comme coins ? Parce qu'avec c'qui s'raconte à la télé, ça n'a pas l'air simple. Faut que vous réussissiez à sortir de là. »
