Derniers articles

  • Le bac, oui mais après

    Jeunes gens, vous qui passez aujourd’hui ce rituel, vous qui contemplez chaque matin le regard anxieux de votre mère qui vous voit déjà médecin; vous qui pensez que c’est la fin du monde en cas d’échec ou que la panacée vous attend si le mot admis apparait en face de votre nom en ce jour de grâce, quelque part en juillet, sur un tableau à la sortie du lycée; méditez sur l’expérience des anciens avant de stresser plus que de raison ou au contraire, de jouer au foot au lieu de réviser. Si on prend l’exemple de mes camarades de première et de terminale, on voit qu’avec ou sans le bac la réussite peut trouver son chemin. Deux classes au profil bien différent : la 1S1 a joyeusement passé l’année a ruiné la réputation d’excellence qu’on donne aux classes de scientifiques en copiant le collège fou fou fou ou les soudoués passent le BAC. La TS2 au contraire est un modèle du genre, la stratégie bien rodée des élèves qui s’y trouvent fait encore une fois la preuve de son efficacité : prendre allemand ou latin en option vous assure de tomber dans les meilleures classes.

    Par Idir Hocini
    Le 13/06/2007
  • Le marathon électoral d’Akli Mellouli dans le Val-de-Marne

    "Dimanche, mission, loin". Trois mots prononcés en réunion de rédaction ont sonné le glas de mon dimanche pénard en compagnie de Fédérer et Nadal. Créteil, c’est tout au bout de la ligne 8, Akli Mellouli m’y attend, il est candidat PS dans la première circonscription du Val-de-Marne. En ce jour d’élection, il est débordé « je viens de faire le tour des 54 bureaux de vote, plus que deux et j’ai fait le tour de la circonscription ! », me dit-il dans la voiture qui l’emmène vers la fin de son rallye. En chemin, il salut le chaland de passage, prend des nouvelles de connaissances, je raye de mon calepin la question visant à savoir s’il est du cru. Cheminant vers le dernier bureau de vote, il rencontre Monsieur Plagnol, candidat UMP dans la même circonscription et donc ennemi. Ennemi, c’est dans ma tête, dans la réalité le dialogue est courtois et il y a du fair play dans l’air.

    Par Idir Hocini
    Le 10/06/2007
  • Guide de survie lors d’un contrôle d’identité en banlieue

    Tout le monde sait que certains flics se lâchent en garde à vue. Il suffit de voir les visages tuméfiés de vos amis à la sortie de celles-ci, pour comprendre que ce film avec Coluche où ses collègues policiers s’en donnent à cœur joie dans l’intimité d’une salle d’interrogatoire est tiré de situations réelles; situations que j’appelle de tous mes vœux à être aussi rares qu’un bon CDI dans une rédaction. A dire vrai, je parle de choses que je ne connais pas, je n’ai jamais fait de G.A.V. Que sont les récits de camarades moins chanceux, et leurs blessures de guerre. Peut-être, ils sont tombés sur le chemin du retour entre le commissariat et leur habitation, qu’est ce que j’en sais moi. Par contre ce que je sais, c’est que ces faces à faces fâcheux avec la police peuvent être aisément évités.

    Par Idir Hocini
    Le 08/06/2007
  • Un dossier sur mesure ! 

    Ce mot sonne dans nos rues comme une promesse d’humiliation éternelle, de déchéance sociale, une force de frappe atomique capable de briser les meilleures réputations. Une source de jouissance sans fin pour toutes les commères de cette ville qui vont élever l’art de la raillerie à des sommets alpins ; galvanisées par cette douce musique, cet ultime chant du cygne lancé par les bris de votre fierté volant en éclat. Un dossier… la seule chose dans l’univers qui peut affecter le flegme légendaire des bondynois. Un dossier, c’est une situation humiliante subie par un pair ou par soi-même, capable d’alimenter les veillées nocturnes en ragots pour plusieurs hivers. Le dossier à ses champs d’expressions privilégiés. Les plus croustillants remontent presque toujours à la source originelle : votre maman. A ce propos, il est toujours utile de rappeler certaines règles de base qui vous éviteront nombre de contre coups au pedigree de votre réputation : quand votre génitrice vous course avec une claquette dans toute la maison ; ne jamais trouver refuge dans la rue.

    Par Idir Hocini
    Le 29/05/2007
  • Ich bin ein clichois

    Habiter à cinq minutes du RER c’est un luxe, je l’ai compris ce 6 mai 2007. J’avais pour mission de couvrir le résultat de l’élection présidentielle avec le collectif AC lefeu de Clichy sous Bois. Ca commence fort, à l’aller dans un bus plein à craquer, un dimanche, le 601 qui fait la liaison entre Clichy et la gare du Raincy. A ce propos le voyage était riche d’enseignements : en traversant les rues de cette ville, fief UMP, toutes les affiches de Ségolène Royal portaient les stigmates scripturaux d’un soutien à Sarkozy. Dans les artères de Clichy-sous-Bois, ville socialiste, c’était bien évidemment les portraits du futur président qui trinquaient. Comme quoi, on peut être voisin et ne pas aspirer au même destin. Dans le 601 où j’étais, donc ; Chou et Syllep m’appellent pour me rejoindre, ils partent en scooter de Bondy. Devinez qui est arrivé avec une demi-heure d’avance avec le double du trajet à parcourir ? Pas moi en tout cas. Cité enclavée jusqu'à la moelle des os.

    Par Idir Hocini
    Le 14/05/2007
  • Tirailleurs sénégalais : la fraternité ou l’oubli

    En ce soir de l’Aid El Kebir, je pousse la porte du foyer Sonacotra de Bondy. Sans être insalubre, l’endroit est un peu sordide. Chambres minuscules, douches et cuisine communes, mauvaises odeurs. C’est là que loge Mamadou Sarr, ancien tirailleur sénégalais de l’armée française. En ce jour de fête, il est avec un de ses compagnons, attablé devant un festin. Même si, dans cette chambre de 9 mètres carrés, cela signifie manger dans une casserole posée à même le sol. « En 36 ans, c’est la première fois que je suis loin de ma famille pour la fête. La fête sans la famille c’est pas vraiment la fête » dit-il. Ces hommes à la poitrine décorée ont passé leur jeunesse sous les drapeaux français et sont ici pour se soigner. Mais avec 27 euros par mois, vivre en France est un combat quotidien, aussi dur que ceux de leurs années de service, et pas forcément moins dangereux. « C’est vraiment pas facile, dit-il. Avec ce qu’on touche c’est impossible de vivre ailleurs qu’au foyer. La France nous a lâché ».

    Par Idir Hocini
    Le 11/05/2007
  • Axiom :  » transformer cette colère dans une voie citoyenne »

    Vers 22h30, des rumeurs d'embrasement dans les quartiers circulent. Idir fait le point avec le rappeur Axiom et lui demande une réaction.

    Par Idir Hocini
    Le 07/05/2007
  • Soulagement politique, angoisse technique

    Organiser la soirée électorale de Villeurbanne c’était censé être du gâteau. Samia Belaziz a tout fait pour nous faciliter la tâche, elle nous a trouvé une salle équipée d’internet et fait venir du monde pour regarder avec nous l’annonce des résultats devant une télé, elle a même fait les courses pour un petit buffet. Mon boulot à moi, dans un premier temps, était d’établir une connexion internet et de brancher la webcam pour avoir une liaison avec le QG général situé dans les locaux du nouvel Obs à Paris. Comme je suis le dernier des branquignoles, j’ai demandé à mon ami Vuu San, expert en coup fourrés et en informatique de me prêter main forte. Après un millier de péripéties, et l’aide d’un autre petit génie de la toile, le jeune Farid, la connexion est établie mais impossible de brancher la webcam. J’avais envie de pleurer. Plan B, on fait tout avec les portables fournis par SFR en visio conférence. La connexion internet me lâche en plein milieu de l’émission, je perds le contact avec l’équipe à Paris : du stress, du stress, et du stress. Le boulot fut néanmoins à peu prêt fait, des réactions à chaud, des interviews, tout ça dans une ambiance festive tant deux événements ont galvanisé la foule : Ségolène au deuxième tour, et le FN en déroute. 

    Par Idir Hocini
    Le 04/05/2007